mardi 6 décembre 2011

Les travailleuses du sexe manifestent à Toulouse


Prostitution : "Sauvez nos emplois !"

par Le Yéti - La chose publique
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Manquait plus que celle-là ! Deux zèbres de l’Assemblée nationale (Danielle Bousquet PS, Guy Geoffroy UMP) viennent d’avoir une idée formidable pour échapper à la “Grande perdition” : exiger l’abolition de la prostitution !
Toujours le même cirque suintant d’intentions troubles à vieil odeur d’encens. À chaque fois que le monde sombre dans le déliquescent, faut que ça leur remonte au bénitier comme mauvais ail à la gorge.
Des siècles qu’ils s’y emploient ! “Le plus vieux métier du monde” une fois de plus vilipendé par les catholicards déchaînés de toutes obédiences. Veulent maintenant « éduquer le client », qu’ils disent, faire son bonheur moral. Comme s’ils avaient la moindre chance d’y parvenir ! Comme si c’était seulement souhaitable !

Une utilité sociale et éducative

Qu’on se le dise, la prostitution est un métier comme un autre, n’en déplaise à ces culs honteux !
La prostitution a toute son utilité sociale : calmer les excès d’ardeur des mâles en surchauffe, mais aussi des femelles en émoi.
La prostitution a valeur éducative : combien de nuits de noce jadis sauvées après que de jeunes puceaux se fussent faits déniaisés. Si inégalité entre les sexes il y a, c’est parce que leurs compagnes n’ont pas bénéficié de la même formation.
L’égalité entre sexe n’est pas de protéger les femmes de la prostitution, mais d’accorder un droit d’accès égal à celles qui le désirent.

Droit du travail

Si les prostitué(e)s sont à la merci des proxénètes sans scrupules et des mafias sans pitié, c’est du seul fait et de la seule culpabilité de ces moralisateurs qui ont rejeté nos braves “travailleurs-travailleuses” du sexe vers les périphéries glauques.
Sûr que tenir les caisses de leurs supermarchés pour des salaires de misère ou vider leurs poubelles dégoulinantes vaut mieux que de monnayer l’extase du triste passant.
Ils veulent abolir la prostitution pour atteinte aux droits de l’individu… et ne mouftent pas quand on n’accorde qu’un misérable RSA à des exclus de leur monde, des SMIC étiques à des travailleurs pauvres, et que les crève-la-faim, de plus en plus nombreux, se pressent aux Restos du cœur ou sur les reliefs de leurs repas.
Le problème de la prostitution n’est pas une question de mœurs, mais une affaire de conditions de travail. Ce qui manque aux prostitué(e)s : LE DROIT DU TRAVAIL !

Pénible et hypocrite pudibonderie

Oh, que cette époque bénie-oui-oui est pénible, mortelle d’ennui ! Fumer tue ! Boire tue ! Baiser tue ! Se cannabiser est hors-la-loi ! Vivre tue !
Oh, que ces peigne-cul nous emmerdent ! Après l’ivresse des années soixante-dix, la double décennie sida, voilà que ces tartuffes entendent nous gâcher la jouissance !
Dégagez, les morts-vivants, du vent !
« Je voudrais être à Vienne et à Calcutta,
Prendre tous les trains et tous les navires,
Forniquer toutes les femmes et bâfrer tous les plats. »

(Arthur Cravan, boxeur-poète, 1887-1918 )

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