Au parlement Européen...
"...Ils vous pendront et ils auront raison".
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mardi 24 décembre 2013
vendredi 8 novembre 2013
La gauche de droite est au pouvoir, par Gérard Mordillat
Gérard Mordillat est écrivain et cinéaste.
C’est
une constatation cruelle mais c’est une constatation nécessaire : il y a
désormais en France deux partis de droite. Un parti à tendance
néofasciste, l’UMP à la sauce FN, et un parti néolibéral qui ne porte
plus le nom de socialiste que par paresse.
Monsieur
Valls suggérait d’ailleurs d’en changer, conscient que le terme
« socialiste » est désormais vide de sens pour lui et ses semblables,
comme le terme « gaulliste » l’est pour messieurs Sarkozy, Copé, Fillon
et consorts. Par ailleurs, à propos des socialistes, il est devenu banal
de parler de « la gauche de droite », ce qui oblige les commentateurs à
distinguer certaines déclarations individuelles émanant de
« socialistes de gauche ». Il y aurait donc des socialistes qui récusent
le nom même de socialistes – des hommes de droite déguisés en hommes de
gauche, si l’on préfère – et des socialistes qui, contre la majorité de
leur propre parti, tentent de ne pas solder l’héritage de Jaurès.
C’est dire combien la confusion gouverne.
Aux élections municipales qui s’annoncent, cette confusion risque
d’augmenter encore puisque, à Paris en tout cas, le PCF a décidé de
faire liste commune dès le premier tour avec le PS. Mais avec quel PS?
Celui dont
les membres siègent au gouvernement ou avec quelques irréductibles pour
qui le « socialisme », selon Jaurès, travaille « à la réalisation de
l’humanité ». Une humanité qui « n’existe point encore ou existe à
peine. À l’intérieur de chaque nation, elle est compromise, comme
brisée, par l’antagonisme de classe, par l’inévitable lutte d’une
oligarchie capitaliste et du prolétariat. Seul le socialisme, en
absorbant toutes les classes dans la propriété commune des moyens de
travail, résoudra cet antagonisme et fera de chaque nation enfin
réconciliée avec elle-même, une parcelle d’humanité ».
À l’aune de ces paroles et de ses actes, est-ce que M. Hollande est socialiste?
Est-ce que M. Moscovici l’est? Et M. Valls? Et M. Strauss-Kahn? Et M.
Sapin ? Et M. Cahuzac, qui récusait la lutte des classes ? Et M. Lamy ?
Et tous ces ministres si empressés de parader à l’université d’été du
Medef et préférant se faire porter pâles lorsqu’il s’agit d’arpenter les
allées de la Fête de l’Huma ? Et… et… et… etc.
On ne peut
pas, bien sûr, mettre tous les socialistes dans le même sac Vuitton.
Sur le plan municipal, il est incontestable que des élus socialistes
œuvrent sans réserve à améliorer le sort de leurs concitoyens, à tenter
de leur rendre la vie plus facile, à développer les activités
artistiques et culturelles, etc. Je pense notamment aux actions menées
dans les 11e et 20e arrondissements. Il n’y a pas de discussion, ces
socialistes-là font ce qu’ils peuvent et, même, font en partie ce qu’il
faut et pourraient même faire plus en ce qui concerne le logement, mais
ils agissent. Maintenant, si on s’intéresse aux membres « socialistes »
du gouvernement, le bilan est tout autre. La liste des reniements,
manquements, trahisons est si longue qu’il serait fastidieux de la
détailler. Juste pour mémoire : la signature du traité Merkozy, la
séparation de façade entre les banques de dépôt et les banques
d’affaires, l’absence d’un relèvement significatif du Smic, l’abandon de
la lutte historique de la classe ouvrière pour la diminution du temps
de travail, l’allongement de l’âge du départ à la retraite, la ruine
confirmée de l’hôpital public, l’absence de loi pour empêcher les
licenciements de confort financier, le choix du capital contre le
travail, Florange, PSA, etc. N’en jetez plus, la cour est pleine !
Le piège est là.
Si nous
votons pour le socialisme « municipal » et que, par miracle, le parti à
la rose évite ainsi la déroute annoncée, le gouvernement y verra
l’adhésion des citoyens à sa politique ; au contraire, si c’est la
Berezina, les mêmes socialistes « de gouvernement » déclareront que ce
vote est sans signification, sinon purement local, et continueront de
mener leur insupportable politique. Dans un cas comme dans l’autre,
l’électeur sera volé de son vote, comme il l’a été après le référendum à
propos du traité constitutionnel rejeté par une très large majorité de
Français (y compris une majorité de militants socialistes) et repassé au
Parlement dans les mêmes termes sous le nom de traité de Lisbonne, avec
l’appui massif des élus socialistes. Un déni de démocratie que « toute
l’eau de la mer ne saurait effacer », aurait dit Lautréamont.
Mais tout cela serait sans importance.
L’urgence
serait de faire barrage au Front national, aux prochaines élections
municipales et européennes, de voter utile. Et déjà, le chœur des
« socialistes » de gouvernement entonne le grand air de la nécessité,
qui fait loi. Mais dans le même temps, quand les citoyens ne votent pas
selon le désir des « socialistes » de gouvernement, leur vote est
méprisé, annulé ; mais, dans le même temps, M. Valls tient des propos et
mène une action en parfait accord avec les idées de madame Le Pen, de
Ciotti, Guéant, Hortefeux et les autres, y ajoutant l’hypocrisie
d’expulser, de persécuter au nom de « l’humanité ».
Avant de voter, si nous posons la question : qu’avons-nous de commun avec les « socialistes » du gouvernement ? La réponse est meurtrière : rien. Qu’ont-ils
de commun avec messieurs Sarkozy, Copé, Fillon et leurs amis ? La
réponse est assassine: presque tout, hormis quelques nuances sur
l’enseignement, la recherche et la justice. Ce qui les distingue ne sont
que des postures au grand théâtre de la politique spectacle. Les uns
jouent à être de gauche, les autres à être de droite, mais tous chantent
en chœur la rengaine thatchérienne « il n’y a pas d’alternative », sont
les thuriféraires du capital, de la propriété privée. Personne ne peut
avoir oublié cette une stupéfiante de Paris Match où François Hollande
et Nicolas Sarkozy posaient côte à côte, dans le même costume, la même
attitude, défendant à l’unisson le oui au référendum. Des jumeaux sortis
du même œuf néolibéral, affichant la même morgue, le même mépris des
citoyens, ces minables, ces rustres, dont le vote n’était organisé que
pour amuser la galerie.
Dès lors, comment pourrions-nous, une fois encore, voter utile, faire confiance aux « socialistes » de gouvernement ?
Nous ne pouvons pas. Nous ne pouvons plus.
Nous ne pouvons pas à la fois être leurs critiques les plus déterminés
et les alliés de circonstance des socialistes municipaux qui, par leur
silence – de fait –, font perdurer une politique ouvertement de droite,
antisociale et sécuritaire. Au nom de je ne sais quelle morale de
circonstance, la confusion ne doit pas être entretenue, ne peut plus
l’être. Elle n’est plus de mise. Aujourd’hui, les « socialistes » de
gouvernement ne sont plus simplement des faux frères, ni des
adversaires, mais des ennemis (de classe) que nous devons affronter,
quoi qu’il en coûte. Un siège au conseil municipal de quelque ville que
ce soit ne vaut pas d’abdiquer nos convictions, notre volonté de
transformer le monde et de réaliser l’humanité que Jaurès appelait de
ses vœux. C’est dire qu’il faut avoir le courage de rompre clairement
avec ce « socialisme » en peau de lapin qui n’est que démagogie et
mensonges. Cette rupture politique est salutaire même pour nos camarades
socialistes, ces militants pris en tenaille entre l’affliction et
l’indignation de ce qui se pratique aujourd’hui en France au nom du
« socialisme ». Les positions sont claires : les « socialistes » de
gouvernement sont désormais sans vergogne un parti de droite, à nous
d’incarner la gauche en actes, de cesser d’être aimables et
compréhensifs,
et de nous dresser contre eux et leurs répliques de
l’UMP-FN. Comme disait l’autre : le
changement, c’est maintenant!
SOURCE / L'HUMANITE
dimanche 6 mai 2012
[Libye, 2005. Sarkozy, ministre de
l’intérieur, avec le futur financier (putatif) de sa campagne 2007,
voire plus… La justice nous le dira… Enfin, peut-être…]
[Note aux pointilleux et aux délateurs sarkozystes revanchards :
ce billet a été écrit ce matin, alors qu’évidemment aucune estimation
n’a pu être postée, et programmé pour être publié à 18h00, alors que
#RadioLondres aura sans doute déjà confirmé ce que tout le monde sait
déjà. Le résultat que j’indique est donc seulement le fruit de mon
imagination et d’une intuition qui confine à la certitude. Si par
malheur cette intuition devait être démentie, j’aurais l’air malin, mais
j’assume]Voilà, c’est fait ! Le pov’con s’est cassé. A l’heure qu’il est, il est sans doute en train de commander à Guaino une lettre de motivation pour devenir directeur honorifique de la société Bouygues (ou LMVH, ou Lagardère, ou Bolloré…), avec golden hello, salaire indécent, golden parachute et stock options, comme il sied naturellement aux gens de son rang.
Dégage, nuisible ! Tu as explosé toutes les limites de l’indécence et de l’indignité pendant ces cinq ans, et tout particulièrement pendant les deux dernières semaines. C’est désormais à la justice de s’occuper de ton cas, et elle a du boulot. On espère que ça ne prendra pas 20 ans, comme avec ton prédécesseur.
Même si je ne pourrai évidemment pas m’empêcher de laisser échapper un rugissement de satisfaction à l’annonce officielle de l’expulsion du nabot à grands coups de pompes dans le fondement, je vais vite m’en remettre. Non seulement parce que je suis un gars sérieux, mais surtout parce que je mesure le cauchemar qui nous attend.
Non, ne comptez pas sur moi pour aller faire la fête jusqu’au bout de la nuit. D’abord parce que je fais partie de la France qui se lève tôt, et qui a un vrai travail qui est son seul revenu. Mais surtout parce qu’il n’y a pas de quoi rire.
Pour expulser Naboléon, ce qui était, j’en conviens, une nécessité absolue, il a fallu élire Hollande (qu’on ne peut plus appeler Flanby depuis mercredi dernier, on a vu qu’il peut aussi être très méchant).
Un Hollande qui, quoi qu’il en dise, n’a pas la moindre divergence fondamentale avec son prédécesseur en matière économique.
Oh, bien sûr, Hollande est plus intelligent, plus spirituel, plus cultivé, moins agité, moins bling-bling, moins vulgaire. Rien de tout ça n’était insurmontable, d’ailleurs. Il a forcément moins de casseroles au cul, ce qui n’est pas difficile, puisqu’il n’a jamais exercé le pouvoir, et que Sarkozy a épuisé tous les stocks de chez Tefal pour les décennies à venir.
On peut certes laisser à Hollande le bénéfice du doute, lui accorder quelques mois afin qu’il puisse montrer ce qu’il sait faire.
Sauf que c’est perdu d’avance. Regardez un peu son programme électoral, d’une indigence absolue. Jamais candidat n’a si peu promis (A part peut-être Sarkozy, dont le programme cette année s’est résumé à une privatisation grotesque du drapeau tricolore). Souvenez-vous des élections précédentes, de Mitterrand en 1981 jusqu’à Sarkozy en 2007. Le premier voulait changer la vie, le dernier prétendait diviser le nombre de chômeurs par 2, loger tous les SDF et avoir un vice-premier ministre en charge de l’écologie. Grands diseurs, petits faiseurs.
Mitterrand a tout de même laissé quelques réformes symboliques (la suppression de la peine de mort) ou plus concrètes au quotidien (baisse du temps de travail, cinquième semaine de congés payés, augmentation du SMIC), toutes attaquées aujourd’hui par l’UMPFN.
Hollande n’a surtout pas promis de changer la vie. Pourtant, il risque de la changer, mais pas dans le même sens. Hollande est le fils spirituel de Delors. Le frère de lait de Jospin et DSK. Social-libéral. Ouiouiste militant. Voleur de référendum. Traître et faux-derche sur le MES.
Hollande va s’installer volontairement dans le carcan de la Troïka (Commission, BCE et FMI). Son seul credo sera de “rembourser la dette”. Il a déjà verrouillé lui même l’appareil en s’engageant sur une réduction planifiée du déficit. Il n’est point nécessaire d’avoir fait l’ENA pour comprendre que cela oblige à entrer dans la logique libérale, c’est-à-dire diminuer les dépenses publiques, les dépenses sociales, privatiser ce qui peut encore l’être… Une politique qui par définition frappe les pauvres, ceux qui n’ont déjà plus les moyens de payer des mutuelles, des franchises médicales, et qui vont devoir travailler plus, plus longtemps, et se trouver encore plus dans la dèche lorsque le chômage les frappera : poursuite dans la droite ligne de ce que nous subissons depuis près de 30 ans, et particulièrement les cinq dernières années.
Rembourser la dette, c’est se priver de sommes colossales qui pourraient être utilisées pour des chantiers sociaux et environnementaux. C’est s’obliger à augmenter les impôts. Ceux des riches, évidemment, mais aussi et surtout les autres.
Comment s’étonner dès lors du manque d’ambition désespérant des mesurettes du programme de Hollande ? Embaucher des enseignants, c’est bien, mais que faudra-t-il supprimer pour les payer ? Et de toute façon, cela ne représente même pas la moitié du massacre fait par Sarkozy dans l’éducation. Idem pour les retraites : Hollande ne souhaite la rétablir à 60 ans que pour un nombre très minoritaires de personnes. C’est mieux que rien, certes, mais la glissade se poursuit.
Quant au “Contrat de génération” (mais ! c’est Slovar sur la photo !), c’est le parfait prototype du gadget électoraliste : il aura la même influence sur le chômage que les “centres éducatifs fermés” (autre gadget qui a gaspillé en vain tant d’encre et de salive) en ont eu sur la délinquance.
A cette logique libérale implacable, Hollande a tout de même ajouté sa patte personnelle, une incantation qui est même devenue une de ces expressions toutes faites comme je les hais, reprise en boucle par tous les journalistes serviles : “ajouter un volet de croissance” (dans le même genre, il y a “instiller une dose de proportionnelle”).
On touche là le fond du ridicule. Si le but est de réduire la dette, il faut rembourser des fortunes aux banksters et il n’y a plus de sous pour autre chose, et le pays sombre dans la misère et le désespoir. C’est ce que la Grèce démontre parfaitement. Mais si on veut consacrer une partie de ces sommes à créer plus ou moins artificiellement de l’activité économique ou de la justice sociale, sans évidemment remettre en cause le remboursement de la dette, alors on la creuse encore. Sans que la “croissance”, que personne ne sait plus domestiquer, revienne.
C’est le pile ou face des banksters : “pile je gagne, face tu perds”. Si on en accepte les règles, on est foutu.
Je l’ai bien dit 100 fois, mais je le répète : le seul moyen de s’en sortir, c’est de briser le carcan en refusant ce jeu de cons. A l’islandaise ou à l’argentine : “ta dette, tu peux te la tailler en pointe et te la carrer bien profond…” etc.
Emmanuel Todd, qui fut si pertinent à propos de Sarkozy, a cette fois émis l’hypothèse que Hollande pourrait se révéler le “Roosevelt français”. Hum. Qu’il soit permis d’en douter.
On va bien sûr huer la sortie des pires politiciens qu’ils nous ait été donné de voir, les hontes du quinquennat, les Woerth, Lagarde, Dati, Copé, Bertrand, Hortefeux, Guéant, Besson, Tron, Balkany, Bockel, Alliot-Marie, Morano, Bachelot, Albanel, Boutin, Morin, Chatel, Pécresse, Estrosi, Berra, Penchard, Yade, Jouanno, Laporte, Douillet (liste longue et pourtant non exhaustive) dont une partie devrait aller croupir en taule pendant que l’autre devrait aller se cacher pour cuver sa honte jusqu’à la fin des temps.
Mais que va-t-on gagner en échange ? Le retour des vieux fossiles de la gauche caviar comme Fabius ou Lang ? Des DSKolâtres plus ou moins repentants ? En tout cas un premier ministre, Ayrault, caricature de politicard notable polycumulard du XXe siècle, qui n’a rien compris au film, croit encore au keynésianisme, à la “croissance”, à la “relance”, toutes ces foutaises obsolètes depuis 40 ans… Ayrault est accessoirement le triste protagoniste du conflit le plus emblématique entre ceux qui ont compris et les autres : la catastrophe environnementale du futur Ayraultport de Notre Dame des Landes, près de Nantes. Un non-sens total, une faute d’analyse majeure, un monument à sa gloire, une bêtise monumentale soutenue par tout ce que la région compte de dinosaures productivistes, au profit des bétonneurs comme Vinci…
Nouvelle humiliation pour les écolos dont il est l’ennemi… Mais avec 2% dans les urnes, ça change la face des négociations…
Aujourd’hui, un cauchemar se termine, mais il est plus que probable qu’un autre commence.
Ne serait-il pas temps de remettre en cause ce processus qui n’a de démocratique que le nom ? Qui a systématiquement abouti à l’élection d’un UMP ou d’un P”S” dont les programmes sont de plus en plus semblables et de plus en plus dictés à l’extérieur, en contradiction totale avec les intérêts des électeurs ?
Ne serait-il pas temps de tourner la page, de constater la disparition inéluctable et concomitante des principales ressources naturelles et l’impossibilité subséquente de baser l’économie sur la “croissance” ? D’arrêter de consentir au détournement éhonté de cette économie par ces goinfres parasitaires de la finance ? D’empêcher les multinationales de faire régner sur toute la planète la terreur et la course au moins disant social et environnemental ? Au contraire, plutôt que de graver dans le marbre des balivernes comme “les racines chrétiennes de l’Europe” ou des carcans comme “La règle d’or”, utiliser le burin pour acter la prééminence absolue de l’environnement et du social sur l’économie folle.
Tout cela ne pourra se faire que dans une vraie démocratie. Pas dans un système électoral frelaté où ce sont les médias, larbins des multinationales, qui désignent les candidats et séparent les “sérieux” des autres…
Un autre système est à inventer. Sortir du carcan ouiouiste européen, réécrire une constitution juste qui donne la priorité à l’humain, et empêche l’arrivée au pouvoir de politicards cyniques, avides, malhonnêtes et corrompus. Le système hérité de la démocratie athénienne, et basé sur l’introduction du tirage au sort, tel qu’il est proposé par Etienne Chouard est sans doute un très bon point de départ.
Mais ce n’est pas gagné. En 1981, une espèce de torpeur anesthésique avait gagné syndicats et presse libre (essentiellement le Canard Enchaîné) qui avaient mis des années à s’en remettre. Il ne fallait pas cracher dans la soupe mitterrandiste. Les premières manifs furent, un comble, le fait de vieux racornis de droite, ceux-là même qui ne s’abaissent jamais à descendre dans la rue, contre les tracasseries faites à l’école privée (qu’ils baptisaient abusivement “libre”).
Comment vont réagir les supporters plus ou moins forcés de Hollande ? Mélenchon ? EELV ? Les syndicats ? Mediapart ? Les “Left blogs” ? On ne les verra sûrement pas dans les manifs de droite, mais vont-ils cautionner les premiers renoncements ? Quoi qu’il en soit, je doute qu’Hollande bénéficie bien longtemps du moindre “Etat de grâce”. Le fait d’avoir mis aujourd’hui deux bulletins à son nom (j’avais une procuration) n’est en aucun cas un soutien : juste une contribution pour tirer la chasse.
Mais nous sommes dans un cercle vicieux dont on ne voit plus la fin. La montée en puissance de la France de droite, de l’UMPFN, cette France moisie de fachos qui s’ignorent, d’imbéciles au QI de bigorneaux, de retraités à la pensée périmée, au cerveau délavé par trop de TF1 ou de M6, et qui trouvent dans la xénophobie et la bêtise leur seul espoir. Aveuglés par la certitude que les zimmigrés et les zassistés sont la cause de tous leurs maux réels ou fantasmés. Oubliant les causes pour accuser les conséquences. Seule l’éducation pourrait récupérer les moins atteints d’entre eux, mais y a plus de sous pour l’éducation, “faut rembourser la dette“®.
La déroute annoncée de Hollande dans cinq ans (s’il tient cinq ans) présage d’un funeste scénario : Marine Le Pen en tête au premier tour, Hollande et Mélenchon qui appellent à voter Copé pour “faire barrage au fascisme”. Quelle perspective ! Ca motive pour faire la fête ce soir !
Putain, cinq ans !
Source: SUPERNO
samedi 28 avril 2012
Moulin à vent présidentiel
par Le Yéti - http://yetiblog.org/index.php?post/une-deconfiture-morale-et-politique
Après tout, mieux vaut peut-être
en rire. Ce second tour de la présidentielle version 2012 tourne à la
mauvaise farce. Passée la révélation cruelle du premier tour et la
“victoire” du Front national de Le Pen fille, voici que la campagne
s’enfonce dans la déconfiture morale et politique.
À ma droite, un sortant en panique, aux abois tant sa préoccupation première n’est plus un nouveau fauteuil élyséen, mais une possibilité d’échapper cinq ans de plus aux foudres de la justice ; prêt à tout pour échapper à son sort et glorifiant, ici le combat du « vrai » travail contre le faux, là la « légitimité démocratique » du Front national.
À la gauche de ma droite, un challenger de substitution, Sancho Pansa à l’assaut du moulin à vent présidentiel, redoublant de poncifs creux et éculés, multipliant lui aussi les clins d’œil vers l’électorat frontiste, osant de surprenants rapprochements :
« Je veux redresser la France… je veux rassembler les Français… Je comprends la désespérance des électeurs FN… Le mariage homosexuel, oui, mais je ne vais pas me précipiter, car le plus urgent c’est de redresser les comptes publics [? ndlr]. »
L’affaire du soudard de Bobigny
Il y eut aussi cette affaire du soudard de Bobigny mis en examen pour avoir dessoudé un truand “multirécidiviste” de façon peut-être pas aussi légitime défensivement qu’il le prétendait.Or que croyez-vous que firent nos deux prétendants ? Sans attendre les éclaircissements de cette justice qu’ils aspirent tous les deux à présider, Ils volèrent au secours du soudard. Le premier avec son excès habituel poussé à l’absurde (« la présomption de légitime défense” » [? ndlr]), le second avec des accents mielleux de sainte-nitouche (renforcer « la protection administrative des policiers »).
Ne restait plus pour parachever le désolant spectacle de cette première semaine de campagne pour le second tour qu’un “des paroles et des actes” sur France2 où les deux rivaux confirmèrent leur absence totale d’envergure et la vacuité de leurs ambitions. Le sortant dans le registre du teigneux qui ne veut pas être sorti. Le rentrant ne sachant pas trop s’il doit le faire en avançant son pied gauche ou son pied droit.
Le spectacle est dans la salle
Jadis, le plus intéressant des séances de Guignol ne se trouvait pas du côté des marionnettes, mais sur les trognes mi-hilares, mi-terrifiées des jeunes spectateurs. Aujourd’hui, les spectateurs ont vieilli. Les rires se sont fait rictus. La terreur dégénère en affolement incontrôlé. La mascarade est dans la salle.Il est de bon ton pour les spectateurs-citoyens de brocarder la nullité et l’hypocrisie de leurs politiques. Pourtant, les marionnettes démocratiques n’existent qu’à travers ceux qui les portent au pouvoir. C’est bien nous, citoyens, qui avons engendré un Sarkozy, des Le Pen à travers nos votes.
Que s’est-il passé pour que nous en arrivions à cette lamentable pochade ? Au point que certains d’entre nous allèrent jusqu’à voter utile — oui, “utile” !!! — non seulement au premier tour de cette présidentielle, mais même lors de la primaire socialiste qui précédait. Pour en arriver là !
Que nous est-il arrivé pour que nous sombrions nous aussi dans cette désespérante commedia dell’arte à la sauce berlusconienne ? Faut-il rappeler que ce ne sont pas nos amis italiens qui se débarrassèrent eux-mêmes de leur bouffon, mais la fameuse Troïka financière qui le remplaça par un technocrate en train de saigner à blanc leur pays ?
Faut-il s’étonner après que certains spectateurs quittent la salle avant la fin ?
vendredi 27 avril 2012
Commençons par une brève analyse du résultat de dimanche. Brève, car je ne souhaite pas concurrencer les “politologues” professionnels qui enfoncent des portes ouvertes ou déversent contre rémunération leurs tombereaux de billevesées devant tous les micros qui se tendent.
Premièrement, les médias font mine d’entretenir le suspense autour du “duel” qu’ils ont souhaité et provoqué. Mais c’est un suspense en peau de lapin. Les chiffres sont implacables : malgré le score de Mélenchon moins bon qu’anticipé, et parallèlement celui de Le Pen un peu meilleur, il est clair que Hollande a course gagnée. Et l’attitude inqualifiable du nabot maléfique qui nous gouverne encore pendant 10 jours ne fera qu’aggraver la situation. Le dernier sondage donne 55-45. Un gouffre. On ne peut pas racoler à la fois les électeurs de Le Pen et ceux de Bayrou. Ou alors on perd son âme. En même temps que les élections.
Autre bémol : tout le monde ne parle que de Le Pen, de la bête immonde qui a encore surgi du ventre encore fécond, que le fascisme ne passera pas, et blablabla et patata. Pendant un moment lors de la soirée électorale, des estimations prêtées au FHaine ont effectivement dépassé les 20%… Mais le score définitif, dont on parle moins, est de 17.9%. C’est certes beaucoup, d’autant que localement ça peut être beaucoup plus, c’est plus encore que le vieux en 2002 (il fallait y ajouter les 2% de Mègret), mais en même temps ce n’est guère surprenant. Le Pen a surtout récupéré ses électeurs abusés par Sarkozy en 2007…
Le FHaine raciste, parfaitement incarné par Le Pen père, l’éditeur de disques nazis, le tortionnaire d’Algérie, avait vécu et plafonnait. Ce qui relance l’intérêt pour ces idées répugnantes, c’est la “crise” et le sentiment d’impuissance dû aux institutions européennes qu’on nous a refourguées dans le dos. Ce qu’on peut désigner sous le nom de “ouiouisme”. Sarkozy, Hollande (qui est un “bébé Delors” bien plus qu’un “bébé Mitterrand”) et Bayrou sont des ouiouistes forcenés. Comme la plupart des éditorialistes de la médiacratie. Or, derrière cette haute idée, certes intellectuellement passionnante, de la “construction européenne”, la collaboration de 27 pays, la même monnaie pour tous, la liberté de circulation, la paix, le défi intellectuel, aussi, c’est essentiellement un libéralisme froid et implacable qui a été en réalité mis en œuvre.
Au final, cette Europe a montré ce qu’elle était : une aire de jeux pour ultralibéraux, avec généralisation du dumping social et fiscal, mise en concurrence des travailleurs, des camions slovaques ou polonais qui envahissent nos autoroutes, un moyen de délocaliser en Europe de l’Est l’industrie qui n’était pas partie en Asie, un rouleau compresseur financier (Commission, BCE, FMI, MES) qui est en train de nous broyer.
On peut parler de la manière dont Mitterrand avait instrumentalisé le FHaine contre la droite dans les années 1980, on peut évidemment constater que Sarkozy s’est vautré dans ces idées, mais on doit surtout reconnaître la responsabilité de tous ceux qui nous ont entraînés dans ce merdier, ceci incluant les Bernard Guetta et les Jean Quatremer, qui continuent d’ailleurs de pérorer quotidiennement sur le sujet.
Si Mélenchon a fait beaucoup moins de voix que Le Pen, c’est peut-être aussi que sa dénonciation de cette impasse européenne n’a pas été de sa part aussi tranchante.
Les premières heures de la campagne du second tour ont donné le ton :
Sarkozy et ses perroquets d’élevage ont deux semaines pour faire la pute (mes excuses aux vraies putes, qui elles font un métier d’utilité publique) auprès du FHaine et surtout de ses électeurs, deux semaines pour exhumer les thèmes les plus putrides, deux semaines pour dézinguer Hollande à coup d’arguments incluant les plus hétéroclites et les plus indignes (cf le para-lepéniste Lionnel Luca et “Madame Rottweiler”).Et c’est du lourd. Voir à l’œuvre Morano, qui est dépourvue de toute dignité, ce n’est pas une surprise. Après tout, son rôle a toujours été de rabattre les crocodiles vers son maroquinier de patron. Mais confier cette basse besogne à ces deux bécasses de Rama Yade et Rachida Dati, on est à la limite de la maltraitance. Même si personne ne les oblige, car elles pourraient bruyamment clamer leur désaccord devant les nombreux micros qui leur sont tendus. Mais elles l’ont déjà prouvé : ce sont des carpettes totalement dépourvues de fierté, pourvu qu’il y ait un fromage au bout. Sauf que là, elles vont perdre.
Sarkozy a décidé, sans rire, de dédier sa campagne “aux petits, aux sans grades, aux ruraux, aux travailleurs”… Bref, tous ceux qu’il a méprisés, laissés tomber, enfoncés pendant 5 ans. Tous ceux avec lesquels il n’a pas bouffé au Fouquet’s ni distribué la Légion d’Honneur… Heureusement que le ridicule ne tue pas, même en légitime défense.
Dès le lendemain de l’élection, toutes les bourses européennes baissaient… ”C’est la faute à Hollande !”, s’écrie aussitôt Sarkozy, suivi par le chœur de ses perroquets d’élevage. Quel guignol ! Si en 1981 la bourse avait peut-être encore un peu peur de la gauche, elle a hélas eu toutes les occasions de se rassurer depuis lors… La bourse n’en a rien à foutre que ce soit Hollande ou Sarkozy. Elle jugera l’un comme l’autre à sa docilité à se plier aux diktats des banksters. A payer la dette, à réduire les déficits en plumant son peuple. Ce sera le quotidien des 5 prochaines années.
Rions quand même en écoutant la réponse de Hollande : “Ce n’est pas la finance, ce ne sont pas les bourses, ce ne sont pas les marchés, qui vont décider à la place du peuple…”. Chiche, mon gars ! Je la note, celle-là, je sens hélas qu’on pourra la ressortir tôt ou tard.
Le vrai travail.
Première provocation indigne, la polémique du “vrai travail”. Notons que cette polémique est déjà terminée, car devant l’ampleur qu’elle prenait, Sarkozy, mentant comme un arracheur de dents du Premier Cercle, a déclaré hier soir sur TF1 qu’il n’avait jamais dit ça, et a dû subir le ridicule du menteur hier soir chez Pujadas. Mais ses mensonges (comme celui de “je suis allé à Fukushima”) ça n’étonne plus personne.
Selon Sarkozy, le “vrai travailleur”, c’est celui (ou souvent celle) qui se lève tôt le matin, qui ne demande rien à personne et va travailler… Et qui ne se plaint pas. Evidemment, sinon il (elle) est virée !
Un “vrai travailleur”, ça s’analyse selon les critères ultralibéraux. C’est quelqu’un qui a subi tous les reculs sociaux, au profit des actionnaires de son patron. Avant, du temps (honni par Sarkozy) où les syndicats étaient tout puissants, on avait souvent le travail à vie. On était régi par une convention collective, des accords de branche. Ou alors on était fonctionnaire. Mais ça, c’était avant. Le fonctionnaire, ce pestiféré, c’est l’ennemi de tous les libéraux du monde : il doit disparaître. Sarkozy se vante d’en avoir supprimé 160 000. Quant au salarié du privé, il devra devenir précaire. Les négociations, ce sera directement avec le patron, qui lui refusera toute augmentation, toute prime. Sur le mode “De toute façon, si t’es pas content, y’a 10 crève-la-faim qui ne demandent pas mieux que de prendre ta place et ton salaire de misère.”
Le “vrai travailleur” gagne une misère depuis que des salopards de politiciens pourris ont généralisé le travail précaire, les CDD, l’intérim, le temps partiel subi… Et qui lorsqu’il ou elle se retrouve au chômage, découvre le mépris de l’État à travers l’organisation bolchévique et inefficace jusqu’à la caricature du “Pôle Emploi”, cette machine à broyer…
La vérité, c’est que Sarkozy veut encore leur pourrir davantage la vie. Sous prétexte de se débarrasser des tricheurs. Alors qu’ils ne sont qu’une infime partie du lot, que de toute façon il vire les fonctionnaires chargés de les traquer (va-t-il embaucher des chasseurs de prime privés ?) et que le montant de la fraude n’est rien en face de la fraude fiscale et patronale.
Un de ses projets, “rendre dégressive l’indemnisation des chômeurs pour les encourager à retrouver du travail”. Que de saloperie dans une petite phrase ! Du MEDEF pur sucre !
Sait-il (ou elle), le “bon Français qui se lève tôt”, que lorsqu’il sera frappé par une des plaies du libéralisme (“crise”, “délocalisation”, “précariat”) et jeté au chômage, il se retrouvera d’office dans le clan des parias, et verra le chœur de Sarkozy et de ses électeurs puants lui jeter des pierres en hurlant : “feignasse ! assisté ! T’es bien content de toucher les zallocs et les zassedics pendant qu’on bosse, hein ? C’est à cause de toi qu’on paie des zimpôts ! (et si par hasard il ou elle est “musulman(e) d’apparence” :) retourne dans ton pays, sale bougnoule, dégage avec ton halal et va construire ton minaret ailleurs !)”
Au fait, on leur explique, aux électeurs de droite, qui a fait venir en masse de la main d’œuvre d’Afrique du Nord dans les années 1960 pour construire leurs bagnoles ? Qui a jeté ces travailleurs dans la misère une fois que la robotique puis la délocalisation les ont rendus inutiles ? Qui les a parqués dans des ghettos ? Ben oui, les mêmes qui font semblant de compatir aujourd’hui à la misère des “bons Français”.
Le vote des étrangers. Sarkozy tient là un super sujet : un repoussoir à FHaine. Il répète donc partout que Hollande veut autoriser les étrangers à voter en France. Précisons que ça ne concerne que les élections locales, et que c’est déjà le cas pour tous les Européens. Et nous ne sommes pas devenus par miracle allemands, belges ou portugais… Mais le plus drôle, c’est que Sarkozy lui-même était favorable à cette mesure en 2005. Une image vaut mieux qu’un long discours :
Les origines chrétiennes de la France.
Voilà encore de la xénophobie rampante, sortie de la fange par Sarkozy dans un de ses derniers meetings. On sait que c’est un cheval de bataille du FHaine. Mais qu’est-ce que cette connerie a à voir avec la choucroute ? On pourrait argumenter sur le fait que c’est historiquement très discutable, ou plus simplement se demander en quoi Sarkozy, qui n’est pas d’origine française mais hongroise, démontre par l’absurde l’ineptie de cette assertion. Mais surtout, est-ce bien là un sujet majeur de préoccupation ? Racolage abject là encore.
Les imams et le “lapidateur” Tariq Ramadan appellent les musulmans à voter Hollande.
Ah elle est bonne, celle-là. S’appuyant sur un article de Marianne qu’il déforme éhontément, Sarkozy chatouille encore les roubignolles des Lepénistes : “Attention, vos ennemis les bougnoules appellent à voter Hollande ! Votez donc pour moi, contre les bougnoules !”
Pire, il affirme que l’islamiste Ramadan a lui aussi appelé à voter Hollande. Raté, le gugusse a démenti catégoriquement.
Mais il attendait quoi, Sarko ? Après 5 ans de mépris, d’amalgames et de piétinement continus, il voudrait encore que les musulmans votent pour lui ? Ce type est un malade, même pas foutu d’assumer ses choix.
… et Sarkozy a l’indignation sélective s’agissant du communautarisme, puisqu’il n’a pas relevé que le CRIF appelle à voter pour lui !
La dernière connerie (en date, hein, il y en aura d’autres…), c’est le “permis de tuer”(on dit “présomption de légitime défense”) accordé aux flics.
C’est même devenu ces dernières heures l’unique sujet de conversation. On est toujours dans le schéma “un fait divers, une loi”. Ce type est un velléitaire gesticulatoire. Sauf que cette idée est issue tout droit d’une proposition du FHaine ! Et que ça fait froid dans le dos.
Notons que la stratégie UMPiste est inspirée par Patrick Buisson, le gourou de Sarkozy, qui veut souder l’UMP et le FHaine. Cette stratégie ne fait pas l’unanimité, loin de là. La plupart des ministres souffrent en silence, et des Raffarin, ou des Juppé sont désespérés (d’habitude ils sont plutôt désespérants), tous ont compris que le Nain a pété les plombs et qu’ils vont droit dans le mur.
Le pire, c’est que toutes ces foutaises ne servent qu’à créer un clivage largement artificiel entre Hollande et Sarkozy. Puisque leurs politiques économiques sont les mêmes. Je l’ai dit 100 fois, payer la dette, déficit zéro, et donc, quoi qu’en dise Hollande et son fantasme ridicule de “volet de croissance“ : austérité, serrage de ceinture et vaches maigres.
Mais si les politiques sont les mêmes, si ceux qui se prétendent “de Gauche” ne le sont pas forcément, la campagne a permis de confirmer qu’il y a en France un peuple de droite et un peuple de Gauche (ceux qui se prétendent “du centre” sont aussi de droite).
Le problème, c’est que ce “peuple de droite” est majoritaire, et de plus en plus. Puisque pour l’instant il n’y a pas d’alliance réelle entre l’UMP et le FHaine, la droite va pourtant perdre les élections. Mais ça ne durera pas. La catastrophe annoncée du quinquennat Hollande va vraisemblablement provoquer une nouvelle hausse du FHaine.
Et pendant ce temps, les idées nauséabondes infusent. L’ambiance devient de plus en plus lourde. La xénophobie se banalise. Il faut dénoncer la France de droite, et ses idées rances qui nous pourrissent la vie !
Il faut les montrer du doigt, les catholiques pratiquants, qui ont voté Sarkozy à 47% dimanche dernier ! Avec les 18% qui ont voté le Pen (comme la moyenne nationale) et les 17% de Bayrou (le double de la moyenne nationale), ça nous fait 82% des punaises de bénitier qui ont les vieilles idées poussiéreuses de la droite racornie.
Plus “drôle”, encore. A Satory, un quartier de Versailles dont les seuls électeurs sont des militaires et leurs familles, Marine Le Pen a fait 46% et 34% dans les deux bureaux de vote. Ça fout carrément les boules.
Ce lundi, l’émission “Là-bas si j’y suis” a diffusé un reportage sur les réactions enregistrées la veille au soir dans les différentes manifestations politiques de la capitale. Bon évidemment, les mélenchonistes, qui s’étaient monté le bourrichon tout seuls, avaient envie de pleurer. Mais les réactions les plus intéressantes étaient chez les supporters de l’UMP.
Une vieille crevure de droite, ancienne fonctionnaire partie plus tôt en retraite “parce qu’elle était dégoûtée par les autres fonctionnaires” (ça ne s’invente pas) nous explique, la voix sifflante de haine, que le pire, ce n’est pas Hollande, c’est Martine Aubry, qui est “le restant de la colère de Dieu”. Admirable expression, création d’un cerveau malade envahi par la moisissure et les toiles d’araignées. J’imagine un neurochirurgien qui examinerait ce cerveau, un peu comme un chauffagiste qui démonterait une vieille chaudière pleine de rouille, de calcaire et de fuites. Leur diagnostic serait le même : un haussement d’épaules défaitiste : “bah, y’a plus rien à faire, ma p’tite dame, faut tout changer, là…”
Si jamais je m’abaisse à voter Hollande le 6 mai (je n’ai pas encore décidé… Autant je ne me le pardonnerais pas si Sarkozy gagnait d’une voix, autant je m’en voudrais d’avoir contribué à la mascarade à venir si, comme c’est probable, Hollande l’emportait avec 54 ou 55%…), c’est autant par proximité avec ce “peuple de gauche”, que par rejet des idées pourries de la vieille droite, telle que Sarkozy les touille actuellement avec son grand bâton à merde. La pensée de ce pov’type prend de plus en plus la forme et l’odeur d’une flaque de dégueulis au fond d’un bidet. C’est ce qui restera de son quinquennat.
Source: Blog SuperNo
dimanche 15 avril 2012
Cette semaine, comme des millions d’autres sans doute, j’ai regardé les deux émissions de “Des Paroles et Des actes”, où le larbin® Pujadas et ses valets interrogeaient les dix candidats à la présidence de la République.
Je ne souhaite pas revenir dans le détail des interventions de chacun, qui a déjà largement été fait dans la presse par des gens payés pour ça, et qui ont donc plus de temps que moi.
On peut simplement dire que seul Poutou a crevé l’écran, que Mélenchon et Cheminade, chacun dans leur genre, ont été très bons. Même si Cheminade est aussi bon en finance qu’il est un scientiste aveugle, un peu comme Claude Allègre. Qu’Eva Joly va faire un score indigne de ses qualités. Ses attaques contre ce grand délinquant financier de Sarkozy sont courageuses. EELV ne la mérite pas. Que Hollande et Bayrou ont été égaux à eux-mêmes : Hollande a été lisse, gérant tranquillement son énorme avance sans donner prise à une critique exagérée ; Bayrou toujours aussi chiant, aussi prévisible qu’une “vierge à l’enfant” poussiéreuse dans une vieille église béarnaise. Que Dupont-Aignan, qui a pourtant de bien meilleures idées que Bayrou, n’arrive pas à convaincre. Que Le Pen ou Arthaud, même s’ils sont bons sur certains sujets (j’y reviendrai) transpirent la haine et la hargne. Et que le pire de tous a été de loin Sarkozy, ce que tout le monde a pu constater, sauf à avoir les œillères d’un “jeune pop”.
Non, je voulais plutôt détailler la mécanique infernale qui permet, sous des apparences de démocratie, de totalement la dévoyer.
Résumons la situation : nous sommes à huit jours du premier tour, et les jeux sont déjà faits depuis longtemps ! Sauf Trafalgar certes toujours possible, on sait que le premier tour sacrera Hollande et Sarkozy (dans quel ordre on ne sait pas et à vrai dire on s’en fout un peu…) et qu’au second Hollande écrasera Sarkozy. C’est écrit, et il en sera ainsi.
Ah oui, mais enfin, on n’a pas encore voté ? C’est tout de même l’électeur qui décide, hein, dans l’isoloir personne ne m’oblige à mettre tel ou tel bulletin dans l’enveloppe !
C’est effectivement l’illusion savamment entretenue.
Pourtant, à y regarder de plus près, ce n’est pas si simple.
Comparons par exemple à une compétition visant à désigner le mec qui court le plus vite. Ça existe, d’ailleurs. Tu mets les gars derrière une ligne de départ, tu leur donnes le signal, ils courent comme des abrutis, et le premier qui franchit la ligne a gagné. Tu présélectionnes sur des résultats chronométrés, et seuls les meilleurs sont en finale. Bien sûr le résultat peut être biaisé par le dopage ou par un gars qui fait exprès de perdre parce qu’une société de paris en ligne située à Malte et appartenant à un pote de Sarko le paie pour ça. Mais à part ces petits désagréments, il peut y avoir autant de commentaires dans la presse spécialisée, autant de reportages sur l’entraînement de machin ou la dernière compétition de bidule, il peut y avoir autant de sondages ou de paris en ligne que tu veux, ce sont les meilleurs qui se retrouvent sur la ligne de départ, et c’est celui qui courra le plus vite qui gagnera à l’arrivée.
Les élections, ça n’a rien à voir. Rien du tout. D’abord, si on devait désigner objectivement les deux personnes les plus aptes à présider la France parmi 45 millions (à vue de nez) d’éligibles, qui peut croire que c’est Hollande et Sarkozy qui seraient choisis ? C’est ridicule.
Pour avoir une chance d’être élu, il faut être un politicard professionnel, appartenir à un puissant parti politique, avoir grenouillé à tous les postes du pouvoir pendant des décennies, et être soutenu par “la main invisible du marché”, et ses agents que sont les médias, qui seuls permettent d’accéder à la notoriété.
La vérité elle est là : ce sont les médias qui votent à votre place. Ce sont eux qui vous disent qui vous connaîtrez ou qui vous ignorerez. Qui est sérieux et qui ne l’est pas. Très peu de gens votent en lisant des programmes qui ne sont de toute façon que des catalogues publicitaires. On vote en se fiant à son intuition, et celle ci peut être d’une pertinence très variable en fonction notamment de sa culture politique. Et certains candidats sont très forts pour brouiller les pistes et réussir à faire voter pour eux des électeurs qui n’y ont pourtant aucun intérêt.
Par exemple je comprends très bien qu’on puisse voter Sarkozy. Si on se moque totalement de son bilan désastreux, son comportement insupportable, si on est par exemple notaire ou pharmacien avec un gros patrimoine que l’on cherche à faire fructifier et à faire échapper à l’impôt, et si on ne s’intéresse qu’à sa gueule en se foutant comme d’une guigne du sort des plus défavorisés de la population ; alors il est effectivement compréhensible de voter Sarkozy. Mais vous en conviendrez, ça risque d’être numériquement très insuffisant pour qu’il soit élu.
Par contre, si on est jeune sans grande qualification, intérimaire au chômage, et qu’on vote Sarkozy, parce qu’on a été hypnotisé par son baratin de créateur d’emploi, de sauveur d’Europe ou de protecteur des faibles contre les délinquants basanés et les fraudeurs sociaux (basanés aussi, forcément), on est le prototype du crocodile qui va voter pour le maroquinier, et même tenter de faire en sorte que ses camarades crocos fassent de même. Et ceux-là sont plus nombreux que les pharmaciens replets.
Pour se présenter, il faut être adoubé par 500 maires de France. Exercice très difficile, qui ne peut être réussi que par un tout petit nombre. Surtout lorsque les dirigeants des grands partis interdisent à leurs adhérents de donner leur signature à d’autres qu’eux. Seuls les représentants déjà connus de partis politiques peuvent passer l’obstacle. Combien de recalés avaient un projet original ou intéressant ? On ne le saura jamais.
Et si d’aventure un Cheminade passait l’obstacle, on ne sait trop comment, les médias sauraient s’occuper de lui
Reprenons. Nous avons 10 candidats. Un peu comme dans une course à pied. Sauf que derrière la ligne de départ, ceux-là ne sont pas tous égaux, loin de là !
Dans les dernières semaines avant l’élection, des règles à peu près strictes sont mises en place pour garantir une égalité parfaite de temps de parole entre les candidats. Fort bien, même si de nombreux médias le déplorent !
Mais avant ? C’est simple, ça fait 5 ans que Sarkozy envahit écrans, radios et papier pour faire parler de lui, en bien ou en mal. Hollande, ça fait un an qu’il a été adoubé par la presse comme son concurrent le plus sérieux. Bayrou est un éternel outsider qui ne ressort que tous les 5 ans, Marine Le Pen est là pour troubler le jeu et pimenter la campagne, et cette année, Mélenchon a réussi à s’inviter dans le deuxième peloton. Ces cinq-là, tout le monde ou presque les connaît. Eva Joly est un peu connue aussi, mais il a été décidé qu’elle était ridicule. Dupont-Aignan et Arthaud, seuls les initiés connaissent, Poutou est inconnu, et Cheminade je n’en parle même pas.
En jouant sur leur seule notoriété, les médias font un tri des candidats en 3 catégories : les petits, les moyens, et les grands. La règle, c’est que seuls les grands peuvent gagner. Et même si Mélenchon l’a fait grâce à son talent (et parce qu’il n’a pas été jugé dangereux par les donneurs d’ordres des médias), il est très difficile de changer de catégorie.
Dans une course à pied, la notoriété n’intervient pas. Dans la présidentielle, c’est la chose la plus importante
Si on avait appliqué à Poutou le même traitement médiatique qu’à Hollande ou à Sarkozy, il serait peut-être lui aussi à plus de 20% dans les sondages truqués…
Tiens, parlons-en des sondages. D’abord pour noter que les instituts qui les réalisent sont pour la plupart proches des milieux de l’argent et (ce qui n’est pas incompatible, bien au contraire) des amis de Sarkozy… Ils ont la possibilité de “redresser” (comprendre “bidouiller”) les données brutes des résultats qu’ils récoltent sans devoir l’expliquer à qui que ce soit. Entre le pifomètre et la corruption, tout est possible. Un indice peut mettre la puce à l’oreille : il y a peu, certains sondeurs mettaient non seulement Sarkozy en tête au premier tour, mais avec 30% des suffrages, tout proche des 31 de son score de 2007. Qui peut croire des balivernes pareilles ? Il suffit de discuter autour de soi (et pas seulement dans le petit milieu de la blogo-twittosphère de gauche, je parle des “vrais gens”, de votre boulot, de vos voisins, de vos connaissances, de votre famille…) pour constater que plus personne ne peut le voir en peinture et que ces 30% sont simplement impossibles.
L’intérêt du bidonnage, c’est que les sondages, c’est un peu comme le fameux “Top 50” : un système de prophétie autoréalisatrice. Si ces sondages avaient donné depuis un an Cheminade à 25 ou 30% au premier tour, pensez-vous qu’il aurait fait 0 à l’arrivée ? Invité dans tous les médias, respecté, on aurait pu en faire un candidat convenable. Ne pas lui demander de comparer Obama et Hitler ou de parler des Martiens, mais lui demander comment il compte faire baisser le chômage ou la délinquance.
Ehontément rehausser le score de Sarkozy, cela lui assure quelques points de plus. Et accessoirement, cela maintient un semblant de suspense frelaté, gage de vente de journaux et (surtout) de publicité.
S’y ajoutent les commentaires des journalistes dominants, les seuls habilités à interroger les candidats. Les nouveaux chiens de garde. Les Pujadas, Chazal, Ferrari, Chabot, Elkabbach, Aphatie, Nay, Duhamel, Mougeotte, Joffrin, Barbier, Denisot et j’en oublie. Par leur omniprésence médiatique et leurs commentaires centrés sur l’aptitude de tel ou tel à se conformer à la doxa libérale, ils orientent l’opinion de l’électeur aussi sûrement que les barrières qui conduisent les bœufs à l’abattoir.
Non non, je n’ai pas oublié Franz Olivier Giesbert dans la liste. Son numéro de fin d’émission restera dans les mémoires, dans un genre différent mais au même titre que la couverture de l’affaire Mérah par les chaînes d’info, comme l’un des moments les plus sombres de toute la mémoire du “journalisme”. Ce grand bourgeois, qui s’honore de se goberger à la table des puissants prétend ainsi mieux les connaître, et ne comprend pas que celui puisse poser le moindre problème de distance par rapport à son sujet. La fortune qu’il retire de son métier lui ôte bien évidemment tout sens critique. Et pourtant ce jeudi soir, il s’est débarrassé de tout scrupule, de toute retenue, pour offrir un spectacle répugnant, tartiné de morgue et de mépris pour tous ceux qui oseraient contester l’évidence du duel des deux clones que sont Hollande et Sarkozy. Ces mœurs me répugnent habituellement mais si par extraordinaire FOG devait être tondu le 6 mai au soir à la Bastille, je ne suis pas certain de pouvoir réprimer un sourire mauvais.
Grâce à cette influence, les “grands candidats” peuvent aussi imposer leurs désirs aux médias. C’est ainsi qu’il n’y aura pas de débat entre les candidats avant le premier tour. L’émission a consisté en une espèce de défilé où tous ont débité leur bréviaire à la queue-leu-leu.
On comprend évidemment qu’il s’agit de préserver les favoris désignés, qui n’ont que des coups à prendre. Surtout pas prendre le risque d’être amené hors des sentiers battus par un de ces “petits candidats” mal élevés qui ne comprennent rien aux codes, comme par exemple cette “norvégienne d’apparence française” avec ses lunettes rouges, devenues vertes…
Malgré tout, cette organisation a l’avantage inédit depuis cinq ans de remettre chacun à égalité, le temps de deux soirées. Sarkozy, qui d’ordinaire parade devant une cour apeurée dans une émission sur mesure dans laquelle il peut à l’abri de toute surprise raconter ses bobards sur plusieurs chaînes pendant deux heures devant des millions de téléspectateurs, s’est ici trouvé coincé entre Cheminade et Arthaud. Quinze minutes, pas une de plus, lui qui a tant l’habitude d’obtenir tout le rab qu’il souhaite.
Autant le dire tout net, si on ne doit retenir qu’une chose de cette émission, c’est bien le naufrage de Sarkozy et la victoire parallèle de Hollande. Des journalistes curieusement décomplexés, qui ont compris que Sarko était bien fini, se sont permis de lui mordre les mollets comme à n’importe quel manant. Incrédule, Sarkozy, si appliqué depuis un an ou deux à mettre en avant sa maîtrise et sa stature (arf) présidentielle, n’a pu que gesticuler, éructer et s’énerver comme le mauvais candidat qu’il est. Placé face à son bilan apocalyptique, il est de plus sommé de répondre aux attaques d’Eva Joly… Il n’a pu faire mieux que du sous-Giscard dans l’affaire des diam’s, opposer un démenti “catégorique et méprisant”.
Il est important de rappeler que la clique sarkozyste (Copé, Woerth, Takieddine, Hortefeux, Guéant…) est accusée de financement frauduleux de la campagne de Balladur en 1995, ce qui a conduit à l’attentat de Karachi (14 morts) ; de financement par Kadhafi de sa campagne de 2007 ; de fraude fiscale et de financement frauduleux par les enveloppes de Bettencourt, et de financement douteux de son appartement de Neuilly. Rien que ça ! On dirait du Chirac ou du Tapie de la grande époque. Avec donc 14 morts en plus…
Dans l’émission de Pujadas, il y a une séquence qui me hérisse particulièrement : celle de la leçon d’économie libérale infligée par le professeur Lenglet.
Lenglet n’est évidemment pas professeur. [EDIT 15/04 pan sur le bec ! On me chuchote dans l’oreillette qu’il fut jadis prof de français… Cela explique qu’il fasse toujours comme s’il avait des élèves devant lui] Il est journaliste économique, ce métier de charlatans, de perroquets toujours intarissables quand il s’agit de commenter le passé, mais incapables de prédire l’avenir, ce qui ne les empêche pas de reprendre en boucle les mantras libéraux “il faut diminuer les déficits publics, il faut baisser le coût du travail, il faut que la France soit concurrentielle par rapport à la Chine…”.
Lenglet est directeur de la chaîne de télé “BFM Business” (rien que le nom m’amuse), après avoir usé ses costards dans tous les torche-cul de “journaux économiques” que la France a pu compter : “L’expansion”, “Les Echos”, “La Tribune”… Ces magazines de propagande patronale et financière, qui ne s’intéressent qu’à la Bourse, aux résultats des entreprises, et aux stratégies qu’elles mettent en œuvre pour les améliorer et faire la guerre à leurs concurrents. Un prisme particulièrement réducteur qui glorifie patrons et actionnaires, tout en ignorant et en méprisant les gueux qui font pourtant tourner l’économie.
Lenglet a développé un gimmick insupportable, mais qui semble plaire : il se travestit en professeur, et montre à ses élèves des graphiques de son cru qu’il leur demande de commenter, n’hésitant pas à leur taper sur les doigts si la réponse ne lui sied point.
Ce procédé est particulièrement pervers. Dans l’inconscient, le professeur représente l’autorité, et il détient forcément la vérité qu’il tente d’enseigner à son élève dévoué. Les graphiques rajoutent encore à cette autorité. Si c’est écrit et dessiné ainsi, c’est forcément vrai.
Or un graphique n’est que la représentation imagée de chiffres. Et les chiffres, malgré tout le respect que mon caractère cartésien leur porte, ça peut être tout ou n’importe quoi. Si le chiffre est faux, le graphique l’est tout autant. Ainsi, les chiffres du chômage sont complètement sous-estimés par des procédés lamentables, toute courbe représentant ces chiffres sera donc nulle et non avenue.
Il arrive aussi que le problème soit complexe, et qu’il faille fouiller pour trouver les bons chiffres. C’est ce qui est arrivé à Lenglet jeudi soir face à Philippe Poutou (rencontre improbable que Thomas Legrand a idéalement décrite le lendemain matin sur France Inter comme celle de “Lady Gaga avec Benoît XVI“…)
Et même si les chiffres sont justes, rien que le fait d’employer certains et pas d’autres permet encore de pervertir la représentation d’une situation. Il en est d’incontestables (2+2=4, l’accélération d’un corps en chute libre dans le vide est de 9.81m/s2, la charge électrique d’un électron est de 1.6x10-19 coulomb, la vitesse indépassable d’une particule est celle de la lumière, soit un peu moins de 300000 km/s… etc)
Au contraire, si on veut mettre en avant le côté positif de notre économie capitaliste et libérale, on peut dessiner le graphique de la fortune de Monsieur Arnault ou de Madame Bettencourt, le patrimoine de Monsieur Sarkozy, ou encore le bonus de Monsieur Levy (PDG de Publicis). Mais si pour décrire la même situation, on fait des histogrammes avec les (vrais) chiffres du chômage, les repas aux restos du cœur, le nombre de foyers qui vivent sous le seuil de pauvreté, le nombre de morts dans la rue, de suicides au travail…etc… Il est à craindre que l’impression ne soit pas exactement la même.
Lenglet, lui, se moque de contingences aussi basses. Il se complaît dans les hautes sphères un peu abstraites de la macroéconomie. Et surtout il a choisi son camp, et délivre aux candidats un brevet de soumission aux dogmes libéraux.
Et lorsqu’il sort de ses graphiques pour argumenter comme il l’a fait hier contre Marine Le Pen, on touche à l’abjection, à la pure saloperie.
Je ne suis pas suspect d’admiration à l’égard de Marine Le Pen. Son programme n’est que l’agrégation improbable et incohérente de la haine xénophobe avec toutes les protestations populaires, en suivant l’air du temps, quitte à dire le contraire de ce qu’elle disait quelques années avant. En économie, beaucoup n’y ont vu que du feu, mais on est passé en quelques années du libéralisme reagano-thatchérien à du quasi gauchisme. Bien fol qui s’y fie ! Bref.
Marine Le Pen a été dans cette émission la seule, avec Cheminade, à évoquer clairement la rupture de 1973 et l’empêchement de la Banque de France d’émettre de la monnaie, qui conduit les états à se livrer pieds et poings liés aux banksters.
[Sur Twitter, on m’a reproché de ne pas signaler que Mélenchon et Dupont-Aignan disent la même chose. Oui, mais sur Twitter on n’a que 140 caractères, et je ne parlais que de l’émission “Des Paroles et des actes”, où Mélenchon a bien évoqué la possibilité par la BCE de prêter aux États à 0%, mais n’a rien dit des 1700 milliards du boulet que l’on traîne. Dans son programme, il propose de l’auditer, ce qui est bien le moins.]
Marine Le Pen, sortie de ses habituelles vindictes contre les zétrangers, les zimmigrés, les zassistés, avait décidé de parler de la dette, de son caractère indu, et de la part des intérêts indûment payés aux banksters depuis 1973. Elle affirme que sur les 1700 milliards de la dette française actuelle (600 milliards de plus lors du quinquennat de Sarkozy, on ne le rappellera jamais assez) 1400 milliards représenteraient les seuls intérêts payés aux banksters depuis l’interdiction faite aux banques centrales nationales de créer de la monnaie.
Ce point devrait à mon sens être une des clés de la campagne. Il ne l’est évidemment pas, on préfère parler de Halal et de permis de conduire, ça fait moins mal à la tête.
Parler de la loi de 1973 à Lenglet, ça lui fait un peu le même effet que lorsque la reine d’Angleterre trouve un caca d’oiseau dans son assiette à dessert®. Il se braque, et crache tout son mépris en répliquant que les seuls pays qui ont gardé un tel système sont l’Iran, Cuba et le Venezuela (qui sont autant de gros mots dans la bouche de tous les Lenglet du monde)
Là où il n’a rien compris, à moins qu’il fasse semblant de ne rien comprendre, c’est qu’il ne s’agit absolument pas de “planche à billets”, comme le font outrageusement les Etats-Unis (ou le Zimbabwe, le pays où l’inflation a atteint des niveaux stratosphériques, genre 10 millions de % par an !). Je l’ai déjà écrit plusieurs fois, mais je préfère répéter. Quelle différence y-a-t-il entre un emprunt fait à un bankster privé à des taux allant de 2 à plus de 30% et un emprunt à un taux proche de 0 fait à une banque centrale ? Et ceci naturellement si l’emprunt est remboursé ?
La planche à billets, ça consiste à tout payer en monnaie de singe. Imaginez que vous alliez au premier garage Ferrari venu, que le vendeur vous demande 200 000 euros, que vous sortiez votre imprimante de poche et lui disiez “Attends, je les imprime”. Voilà ce qu’est la planche à billets.
En l’occurrence, il ne s’agit pas du tout de ça ! Il s’agit pour une banque centrale d’imprimer les billets (ou plutôt de créer informatiquement une ligne de crédit). Actuellement, elle donne cet argent à une banque privée qui vous fait signer un contrat selon lequel vous devez les rendre à telle échéance avec force intérêts. Ce qu’il faudrait faire, c’est court-circuiter la banque privée parasitaire, et signer le contrat directement avec la Banque Centrale, avec le cas échéant quelques intérêts pour payer les fonctionnaires qui y travaillent. Alors qu’avec la banque privée, vous devez parfois rendre considérablement plus que vous n’avez emprunté. Dans les deux cas, une fois l’argent restitué, il est virtuellement détruit. Pas d’inflation.
Tu entends, Lenglet ? Pas d’inflation.
Et ce que dit Marine Le Pen, ce que le Front de Gauche a également dit ici ou là, c’est que le montant de la dette française actuelle, 1700 milliards d’euros, est du même ordre que le montant total des intérêts payés aux banksters. En d’autre termes, cette prétendue “dette” que les banksters nous réclament de manière de plus en plus menaçante, n’est que le fruit d’un acte de trahison de la part de nos politiciens depuis près de 40 ans. De tous ceux qui ont exercé le pouvoir, de tous ceux qui ont voté les traités européens, qu’ils fussent de droite ou de “Gauche”.1700 milliards, c’est 68000 euros par ménage français. Imaginez qu’un beau matin le RAID défonce votre porte et vous somme de remettre à Monsieur Lloyd Blankfein, PDG de Goldman Sachs (qui a empoché plus de 16 millions de dollars en 2011 ou à un de ses collègues et vous réclame 68000 euros ! Eh bien c’est en gros ce qui va se passer, sauf que vous êtes sans doute trop pauvre pour donner 68000 euros comme ça d’un coup… Alors c’est pas grave, on va changer vos lois, et les 68000 euros, on va vous les reprendre “à la grecque” en impôts, taxes, baisses de salaires, baisses de prestations sociales, baisses d’indemnités chômage, suppression de fonctionnaires et de services publics…
Tant pis, je vais, une fois n’est pas coutume, dire du bien de Marine Le Pen. Mais son allégorie sous forme de casse tête pour expliquer que pour trouver une solution à un problème insoluble, il faut parfois sortir du cadre, du carcan idéologique ou économique qu’on s’impose ou se laisse imposer, était tout simplement parfaite. Je l’ai d’ailleurs dit plusieurs fois.
“Ah, mais non ! Ca va pas se passer comme ça ! Je vais voter pour un mec de Gauche, et il ne se laissera pas faire !”
T’as qu’à croire ! Déjà, comme je l’ai expliqué, le système électoral est biaisé pour que seuls ceux qui ne changeront rien aient une chance d’être élus. Et si jamais le suffrage universel accouchait d’un coucou assez fou pour prétendre s’échapper du carcan, on le remplacerait vite fait, dans un mépris total de toute démocratie, et sur l’air de TINA, par un cyborg à l’ADN de bankster, comme cela s’est fait en Grèce avec Papademos et en Italie avec Monti.Et puis, en quoi François Hollande serait-il “de Gauche” ? La question vaut bien sûr pour d’autres, comme Jospin… Socrates au Portugal, Zapatero en Espagne, Blair puis Brown en Grande Bretagne, Schroeder en Allemagne, Prodi en Italie, Papandreou en Grèce… Parce qu’il l’ont dit ? Parce qu’ils appartiennent à un parti plus ou moins “socialiste” qui se réclame de la gauche ?
Hollande n’a pas encore gouverné. Mais tous les autres se sont distingués par une soumission totale à toutes les règles ultralibérales, à la finance internationale, au capitalisme sans frontières. Tous. Tous ont appliqué les diktats libéraux, à commencer par la “baisse de la dépense publique” ou l’ouverture des frontières aux marchandises et aux capitaux. Tous. Tous ont appauvri leurs peuples et enrichi une poignée de requins qui tirent les ficelles du système et doivent bien se marrer en allant voir ces braves gens aller mettre un bulletin dans l’urne.
Dans son dernier film (que vous pouvez comme je l’ai fait financer de quelques euros, puisqu’il est ignoré de tous les médias), l’indispensable Pierre Carles revient sur le sujet de ce billet, la construction du duel Sarko/Hollande, et en particulier de la candidature “socialiste”, notant que Hollande sort du même moule (HEC/ Sciences Po) que DSK, qu’il a remplacé au pied levé.
Hollande a dû aller rassurer la City sur le fait qu’il était beaucoup moins de gauche qu’il ne voulait le faire croire, et que ces braves gens n’avaient donc rien à craindre de lui.
Plus significatif encore, ce scoop donné vendredi par un journaliste américain sur France Inter, selon lequel Hollande inquiétait l’administration américaine, notamment à cause de la montée de Mélenchon et de la présence possible de ministres communistes dans le futur gouvernement français. (Les communistes sont en effet connus depuis les années 1980 par leur motivation à servir de faire-valoir dans des gouvernements libéraux.) Le journaliste raconte alors que pour rassurer les amerloques, Moscovici (futur premier ministre ou des affaires étrangères ?) et Le Drian (futur ministre de la défense) ont dû aller eux aussi expliquer qu’ils n’avaient pas la moindre intention de changer l’ordre établi.
Dès le lundi 7 mai, la finance internationale va prendre contact avec Hollande, tapoter sur sa montre d’un air agacé, et lui dire : “bon, qu’est-ce que tu comptes supprimer ou privatiser pour tenir notre calendrier de remboursement de ta dette, là ?”. Lui va rosir comme il le fait si bien, bredouiller un peu, et répondre “oui oui, tout de suite, naturellement”…
Avant d’aller nous expliquer qu’il ne peut pas faire ceci ou ça, et qu’en revanche il est navré de devoir faire ceci ou ça, mais c’est la crise, n’est-ce pas, c’est la faute à Sarkozy, et puis on n’a pas le choix… etc… etc”. Et ça va durer cinq ans…
J’ai fait long, il est temps de conclure.
A mon sens, il y avait quatre enjeux majeurs à cette élection :
1) Une urgence institutionnelle.
Cela passe par ce qu’on appelle de manière générique par une “sixième République”, une assemblée constituante idéalement tirée au sort (selon les préceptes d’Etienne Chouard), et dont le but serait de rendre le pouvoir au peuple et d’empêcher qu’une clique arrogante, omnipotente et corrompue ne confisque le pouvoir. C’est le point le plus important, car sans lui, aucun des autres n’est possible.2) Une urgence financière.
Auditer la dette, et en refuser la partie indue, qui en constitue sans doute la quasi totalité. Cela permettrait rapidement de remettre le budget du pays à flot, et de nous rendre les Services Publics qu’on nous a volés, avant de mettre en place des mesures novatrices (Salaire maximum, fiscalité juste, revenu inconditionnel…)2bis) Une urgence écologique.
En plus du réchauffement climatique et de la pollution, l’arrivée du “Peak Everything”, confirmée par la dernière étude du “Club de Rome” (j’y reviendrai en détail un autre jour) promettent le chaos total sur terre vers 2030. Cela ne nous laisse plus guère de temps pour révolutionner totalement notre mode de vie. Il en va de la survie de l’espèce humaine. Rien que ça.2ter) Une urgence sociale.
Ça, tout le monde en est conscient. Certains, commeJe confirme donc mon choix d’aller voter Mélenchon le 22. Non seulement c’est le plus talentueux (et de très loin), mais c’est le seul à avoir un programme sérieux et cohérent (qui prend en compte une bonne partie des remarques faites ici), et la possibilité de faire un score honorable susceptible de propager ses idées après l’élection. Ceci n’empêche pas de nombreuses zones d’ombre, de nombreux doutes, qui ne seront levés que le jour il aura le pouvoir, à l’épreuve du feu, face aux banksters. Et déjà dans son attitude entre les deux tours.
Au second tour ? Malgré l’enthousiasme un peu surfait des mélenchonnistes à ce sujet, malgré le probable surgonflage des sondages de Sarko, il est peu probable que nous échappions au duel annoncé. Dans l’état actuel des choses, mêmes les amis sondeurs du nain ne peuvent plus cacher l’ampleur inédite (si on excepte 2002) de la berezina qui l’attend. Dans ces conditions, je ne vois pas au nom de quel renoncement je m’abaisserais à aller déposer dans l’urne le 6 mai le bulletin de quelqu’un dont on n’a strictement rien à attendre, et dont on est au contraire certains qu’il va trahir avec le cynisme le plus absolu tous les idéaux de Gauche.
Si jamais le nain nous sortait de son costard un coup de Jarnac d’entre deux tours, une manœuvre improbable autant que désespérée qu’il réserve au cas où il n’ait plus aucune autre chance de s’en tirer, et que cette manœuvre portait ses fruits, je pourrais encore sortir ma pince à linge et mes gants pour me servir du bulletin Hollande comme d’un désherbant systémique ou d’une chimiothérapie, le genre de truc dangereux que l’on n’utilise qu’en ultime recours, quand tout le reste a échoué, en étant parfaitement conscient des dégâts qu’il provoque.
Source: Blog: SuperNo
mardi 28 février 2012
LES EXCLUS DE LA SOCIETE
SONT AUSSI EXCLUS DE LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE
(Ou Le silence honteux des candidats
sur le scandale de la vie à la Rue)
Pour l’instant, aucun candidat ne dit mot de ceux qui constituent pourtant la partie la plus
visible de la précarité et dont la présence sur nos trottoirs crève les yeux, ceux que la
misère ou le malheur ont jetés dans la rue, qui ne constituent pas une catégorie socioprofessionnelle,
mais la catégorie de l’extrême, ceux qui, pour mille raisons, n’ont et ne sont
plus rien, le peuple de la rue.
Personne n’en parle, sauf pour craindre leur mort. Les politiques de toutes tendances , ne
sachant que faire de ces grands exclus, dans la crise actuelle, ont décidé de se taire. Ah ! Il est
loin, le temps des belles formules incantatoires de Jospin ou de Sarkozy promettant que
bientôt personne ne dormirait plus dans la rue !
Le silence du Président…
Quand le président de la République en exercice s’est cru obligé par le grand froid de faire au
moins une visite dans un hébergement du SAMU social , ce fut en catimini, sans prévenir
personne et sans dire un mot, pas même de l’ambitieuse Rénovation (sic) du système de l’aide
sociale, engagée depuis deux ans par son ministre du logement, avec ce présomptueux
slogan : « Le logement d’abord ».
Au fait que pouvait-il dire, venant d’être échaudé par deux rapports aussi sévères pour le
gouvernement, l’un du Parlement et l’autre de la Cour des Compte sur cette réforme d’ailleurs
parfaitement ignorée de l’opinion, qui reste , faute de moyens, « une coquille vide », donc un
leurre masquant mal une situation qui stagne ou plutôt de l’avis général, se dégrade.
Le silence de l’Opposition
Cherchons donc, pour y remédier, dans les 60 propositions du principal candidat de
l’Opposition. Rien. Ou de vagues promesses : « Une concertation avec les acteurs sociaux sur
la lutte contre la précarité », « un coup d’arrêt sera porté à la procédure de révision des
politiques publiques, « 25% de logements sociaux de plus ». Pas une proposition pour faire
cesser le scandale des « sans-abri ». Pourquoi le candidat de l’opposition ne fait-il pas,
comme tout le monde, le constat de la faillite d’une politique de l’urgence et de
l’hébergement de masse trop longtemps pratiquée? Pourquoi ne propose-t-il pas, pour sortir
les gens de la rue, une politique courageuse de l’accompagnement personnalisé vers
l’autonomie, radicalement opposé à « l’assistanat habilement dénigré par son adversaire, pour
devenir un argument de campagne ? Les idées ne manquent pourtant pas. On sait ce qu’il faut
faire. Partout en France on voit éclore toutes sortes d’initiatives locales, en termes
d’accompagnement, d’hébergement, d’insertion professionnelle, certaines expériences cumulent
ces initiatives. Elles sont plus inventives les unes que les autres et pourraient constituer les
prototypes d’une politique qui les fédère, contre l’assistanat, vers l’autonomie.
Piloter la diversité.
Mais il faudrait d’abord sortir de la confusion qui, dans l’opinion, amalgame en « SDF » un
jeune en rupture familiale , un adulte en rupture conjugale, un malade mental, un « sorti de
prison », etc.… La diversité des motifs qui vous mettent dans la rue réclame une remise à plat
de la « question SDF », Elle requiert ensuite la mise en place d’une gouvernance transversale
et donc d’une instance (un ministère ?) qui coordonne les problèmes de santé, d’emploi, de
logement, de justice, de sécurité des gens de la rue et permette de travailler en réseau. Tous les
ministères sont concernés, pas seulement celui du logement, comme actuellement, ne serait-ce
que pour promouvoir une politique de prévention. Et pourquoi François Hollande ne proposet-
il pas pour la Rue ce qu’il a promis pour le handicap : « Je garantirai l’existence d’un volet
« Handicap » dans chaque loi ». Pourquoi pas un volet « Rue » ou « Exclusion » ?
De l’assistanat à l’autonomie
Il faut ensuite assurer le parcours vers l’autonomie. Celle-ci passe par une série d’étapes
incontournables, admises aujourd’hui par tous les acteurs sociaux. La première est le moment
de l’errance, qu’il faut respecter quand le lien social a été rompu : avant même l’hébergement
d’urgence, on devrait, pour renouer ce lien multiplier les lieux de pause et faciliter la
domiciliation. Ensuite, pour éviter la stagnation mortifère, l’hébergement d’urgence doit être
considéré comme un bref passage vers une stabilisation pérenne. Cette fois, ce sont les
logements intermédiaires qui manquent cruellement. Enfin la chaîne vers le logement social
est actuellement bloquée par la crise de l’immobilier. On attend une politique de déblocage.
De même que dans le secteur du travail, Mr Hollande promet une « sécurisation des parcours
professionnels », pourquoi ne s’engagerait-il pas pour une « sécurisation du parcours de
l’homme de la rue vers l’autonomie ». Cela passe par un accompagnement des personnes et
donc aussi une politique de formation des accompagnants Il y a là, soit dit en passant, pour le
chômage, un bassin d’emplois.
Le malaise de l’opinion
François Hollande et les autres candidats devraient se convaincre qu’un tel engagement pour
la Rue ne serait pas mal vu de leur électorat mais répondrait à une sourde attente de la majorité
des français. Il suffit d’interroger les riverains pour constater sur le terrain les solidarités
anonymes et se rendre compte que le malaise et la mauvaise conscience devant le spectacle
de la rue en France, sont majoritaires, en regard de l’agressivité d’une minorité confortée
souvent malheureusement par le discours convenu des médias et l’indifférence des politiques.
Quant à ces derniers, on comprend que l’inquiétude pour son propre avenir d’une partie
croissante de la classe moyenne, mette hors de leur champ de vision la très grande précarité.
Les gens de la rue viendront après. Ce serait pourtant le rôle des politiques d’en faire un
préalable. .
Collectif les Morts de la Rue
(Tribune dans Libération)
Tribune réservée aux abonnés de Libé.fr que je me permets de retranscrire et d'illustrer ici avec l'aval du Collectif les Morts de la Rue.
Le site du Collectif
LES EXCLUS DE LA SOCIETE
SONT AUSSI EXCLUS DE LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE
(Ou Le silence honteux des candidats
sur le scandale de la vie à la Rue)
Pour l’instant, aucun candidat ne dit mot de ceux qui constituent pourtant la partie la plus
visible de la précarité et dont la présence sur nos trottoirs crève les yeux, ceux que la
misère ou le malheur ont jetés dans la rue, qui ne constituent pas une catégorie socioprofessionnelle,
mais la catégorie de l’extrême, ceux qui, pour mille raisons, n’ont et ne sont
plus rien, le peuple de la rue.
Personne n’en parle, sauf pour craindre leur mort. Les politiques de toutes tendances , ne
sachant que faire de ces grands exclus, dans la crise actuelle, ont décidé de se taire. Ah ! Il est
loin, le temps des belles formules incantatoires de Jospin ou de Sarkozy promettant que
bientôt personne ne dormirait plus dans la rue !
Le silence du Président…
Quand le président de la République en exercice s’est cru obligé par le grand froid de faire au
moins une visite dans un hébergement du SAMU social , ce fut en catimini, sans prévenir
personne et sans dire un mot, pas même de l’ambitieuse Rénovation (sic) du système de l’aide
sociale, engagée depuis deux ans par son ministre du logement, avec ce présomptueux
slogan : « Le logement d’abord ».
Au fait que pouvait-il dire, venant d’être échaudé par deux rapports aussi sévères pour le
gouvernement, l’un du Parlement et l’autre de la Cour des Compte sur cette réforme d’ailleurs
parfaitement ignorée de l’opinion, qui reste , faute de moyens, « une coquille vide », donc un
leurre masquant mal une situation qui stagne ou plutôt de l’avis général, se dégrade.
Le silence de l’Opposition
Cherchons donc, pour y remédier, dans les 60 propositions du principal candidat de
l’Opposition. Rien. Ou de vagues promesses : « Une concertation avec les acteurs sociaux sur
la lutte contre la précarité », « un coup d’arrêt sera porté à la procédure de révision des
politiques publiques, « 25% de logements sociaux de plus ». Pas une proposition pour faire
cesser le scandale des « sans-abri ». Pourquoi le candidat de l’opposition ne fait-il pas,
comme tout le monde, le constat de la faillite d’une politique de l’urgence et de
l’hébergement de masse trop longtemps pratiquée? Pourquoi ne propose-t-il pas, pour sortir
les gens de la rue, une politique courageuse de l’accompagnement personnalisé vers
l’autonomie, radicalement opposé à « l’assistanat habilement dénigré par son adversaire, pour
devenir un argument de campagne ? Les idées ne manquent pourtant pas. On sait ce qu’il faut
faire. Partout en France on voit éclore toutes sortes d’initiatives locales, en termes
d’accompagnement, d’hébergement, d’insertion professionnelle, certaines expériences cumulent
ces initiatives. Elles sont plus inventives les unes que les autres et pourraient constituer les
prototypes d’une politique qui les fédère, contre l’assistanat, vers l’autonomie.
Piloter la diversité.
Mais il faudrait d’abord sortir de la confusion qui, dans l’opinion, amalgame en « SDF » un
jeune en rupture familiale , un adulte en rupture conjugale, un malade mental, un « sorti de
prison », etc.… La diversité des motifs qui vous mettent dans la rue réclame une remise à plat
de la « question SDF », Elle requiert ensuite la mise en place d’une gouvernance transversale
et donc d’une instance (un ministère ?) qui coordonne les problèmes de santé, d’emploi, de
logement, de justice, de sécurité des gens de la rue et permette de travailler en réseau. Tous les
ministères sont concernés, pas seulement celui du logement, comme actuellement, ne serait-ce
que pour promouvoir une politique de prévention. Et pourquoi François Hollande ne proposet-
il pas pour la Rue ce qu’il a promis pour le handicap : « Je garantirai l’existence d’un volet
« Handicap » dans chaque loi ». Pourquoi pas un volet « Rue » ou « Exclusion » ?
De l’assistanat à l’autonomie
Il faut ensuite assurer le parcours vers l’autonomie. Celle-ci passe par une série d’étapes
incontournables, admises aujourd’hui par tous les acteurs sociaux. La première est le moment
de l’errance, qu’il faut respecter quand le lien social a été rompu : avant même l’hébergement
d’urgence, on devrait, pour renouer ce lien multiplier les lieux de pause et faciliter la
domiciliation. Ensuite, pour éviter la stagnation mortifère, l’hébergement d’urgence doit être
considéré comme un bref passage vers une stabilisation pérenne. Cette fois, ce sont les
logements intermédiaires qui manquent cruellement. Enfin la chaîne vers le logement social
est actuellement bloquée par la crise de l’immobilier. On attend une politique de déblocage.
De même que dans le secteur du travail, Mr Hollande promet une « sécurisation des parcours
professionnels », pourquoi ne s’engagerait-il pas pour une « sécurisation du parcours de
l’homme de la rue vers l’autonomie ». Cela passe par un accompagnement des personnes et
donc aussi une politique de formation des accompagnants Il y a là, soit dit en passant, pour le
chômage, un bassin d’emplois.
Le malaise de l’opinion
François Hollande et les autres candidats devraient se convaincre qu’un tel engagement pour
la Rue ne serait pas mal vu de leur électorat mais répondrait à une sourde attente de la majorité
des français. Il suffit d’interroger les riverains pour constater sur le terrain les solidarités
anonymes et se rendre compte que le malaise et la mauvaise conscience devant le spectacle
de la rue en France, sont majoritaires, en regard de l’agressivité d’une minorité confortée
souvent malheureusement par le discours convenu des médias et l’indifférence des politiques.
Quant à ces derniers, on comprend que l’inquiétude pour son propre avenir d’une partie
croissante de la classe moyenne, mette hors de leur champ de vision la très grande précarité.
Les gens de la rue viendront après. Ce serait pourtant le rôle des politiques d’en faire un
préalable. .
Collectif les Morts de la Rue
(Tribune dans Libération)
Tribune réservée aux abonnés de Libé.fr que je me permets de retranscrire et d'illustrer ici avec l'aval du Collectif les Morts de la Rue.
Le site du Collectif
Do-Zone Parody
Mercredi 22 Février 2012
lundi 20 février 2012
Non à ce coup contre la démocratie, non à ces nouveaux traités !
Sommes-nous condamnés au sarkozysme à perpétuité, même si nous chassons Nicolas Sarkozy de l’Elysée ? Sommes-nous condamnés à l’austérité même si nous votons contre ? C’est ce qui se joue ces jours-ci.
Deux traités européens, embrouillés à souhait, vont arriver en catimini devant le Parlement. Dès le 21 février à l’Assemblée nationale et le 28 février au Sénat, les élus sont appelés à se prononcer sur un premier traité : le «Mécanisme européen de stabilité». Ce «Mécanisme» étend à tous les Etats qui auraient besoin d’aide, la méthode d’assistance cruelle qui a été imposée à la Grèce ! Les citoyens n’ont reçu aucune information sur ce texte de 48 articles et de 62 pages.
Pourtant, c’est non seulement un modèle économique asphyxiant qu’il s’agit d’imposer à tous mais une répudiation de la démocratie qui commence. Le sort de la Grèce qui en est le laboratoire nous enjoint un devoir absolu de résistance. Pour l’amour de l’Europe, il faut rejeter les traités Merkozy qui veulent la soumettre aux seuls intérêts cupides des banquiers.
Dans le «Mécanisme européen de stabilité», la France s’engage à injecter, «de manière irrévocable et inconditionnelle», une contribution immédiate de 16,3 milliards d’euros. Le traité dit que la France devra donner jusqu’à 142,7 milliards d’euros en cas de besoin. Une telle somme représenterait près de la moitié du budget de l’Etat. Cette hypothèse n’a rien de théorique : il suffirait que le «Mécanisme» ait à secourir l’Espagne et l’Italie pour que ses capacités maximales de prêts soient atteintes.
Le mécanisme d’assistance consiste à imposer aux Etats en difficultés «une stricte conditionnalité […] sous la forme notamment de programmes d’ajustement macroéconomiques». Ces termes, déjà employés pour saigner la Grèce, indiquent que toute aide financière sera assortie de plans de rigueur impératifs.
Je conjure ceux qui envisagent de voter pour l’application de tels plans de bien examiner leur résultat en Grèce depuis deux ans et demi. Après huit plans d’austérité successifs imposés en vertu de la méthode qu’il est proposé de généraliser, la dette grecque a grimpé de 25%. L’activité s’est violemment contractée et le chômage a doublé pour atteindre plus de 20% des actifs. La démonstration concrète est donc faite que l’austérité, en comprimant la demande, fait reculer l’activité. Cela réduit les rentrées fiscales et creuse plus vite encore les déficits. Pourquoi vouloir étendre à d’autres Etats ce qui a si lamentablement échoué en Grèce ?
Les Etats concernés seront placés sous la tutelle de la cruelle troïka, Commission européenne, Banque centrale européenne (BCE), Fonds monétaire international (FMI). Oui, le FMI basé a Washington ! Il trône dorénavant en «coopération très étroite» à toutes les étapes du «Mécanisme». On lui demande une «participation active», aussi bien pour évaluer l’attribution des aides que pour infliger des plans de rigueur et contrôler leur application. Les procédures prévues pour l’intervention de cette odieuse troïka sont aussi opaques qu’autoritaires.
De plus, en contradiction avec toutes les règles de fonctionnement de l’Union européenne, le traité donne à deux Etats seulement, l’Allemagne et la France, un droit de veto pour l’octroi des aides. Ce traité entérine donc un directoire autoritaire de la zone euro. Il impose aussi le secret sur les mécanismes de décision et le fonctionnement du «Mécanisme». La France s’expose donc financièrement jusqu’à 142,7 milliards d’euros dans un fonds auquel aucun compte ne pourra être demandé par son gouvernement ou son Parlement. Quel parlementaire est prêt à ce renoncement ?
Le cocktail «austéritaire» de ce «Mécanisme» est enfin renforcé par une clause qui lie étroitement son application au second traité européen en cours d’adoption : l’imprononçable «Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire». C’est dans ce second traité que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel prévoient d’imposer la «règle d’or» de l’interdiction des déficits et des sanctions automatiques contre les Etats contrevenants.
C’est ce second traité que François Hollande dit vouloir renégocier. Mais il se trompe lourdement quand il indique que «les deux textes sont déconnectés l’un de l’autre». Ils sont au contraire étroitement liés. Le traité sur le «Mécanisme européen de stabilité» indique qu’«il est convenu que l’octroi d’une assistance financière dans le cadre des nouveaux programmes en vertu du Mécanisme européen de stabilité sera conditionné […] par la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance».
Ceux qui voteront pour le «Mécanisme européen de stabilité» enchaîneront notre pays au traité suivant. Dès lors, qui prétend vouloir renégocier demain ce second traité, doit commencer par s’y opposer aujourd’hui et donc par rejeter son préalable, «le Mécanisme européen de stabilité».
Avec le Front de gauche, je lance un appel solennel à tous les parlementaires : n’acceptez pas ce coup de force contre notre démocratie ! A gauche surtout ! Car aucune politique de gauche n’est possible dans le cadre de ces traités. Les parlementaires socialistes, écologistes, radicaux et chevènementistes doivent donc voter avec ceux du Front de gauche contre ces textes.
Puisque la France est engagée par la signature du président sortant, alors une voix plus forte et sans appel doit s’exprimer sur le sujet. Celle du peuple ! Il nous faut un référendum sur les nouveaux traités.
Allez, monsieur Sarkozy, voilà un référendum qui ne vous déshonorerait pas comme le feraient ceux que vous proposez contre les chômeurs et les immigrés !
Source:Libération: JL Melenchon
Deux traités européens, embrouillés à souhait, vont arriver en catimini devant le Parlement. Dès le 21 février à l’Assemblée nationale et le 28 février au Sénat, les élus sont appelés à se prononcer sur un premier traité : le «Mécanisme européen de stabilité». Ce «Mécanisme» étend à tous les Etats qui auraient besoin d’aide, la méthode d’assistance cruelle qui a été imposée à la Grèce ! Les citoyens n’ont reçu aucune information sur ce texte de 48 articles et de 62 pages.
Pourtant, c’est non seulement un modèle économique asphyxiant qu’il s’agit d’imposer à tous mais une répudiation de la démocratie qui commence. Le sort de la Grèce qui en est le laboratoire nous enjoint un devoir absolu de résistance. Pour l’amour de l’Europe, il faut rejeter les traités Merkozy qui veulent la soumettre aux seuls intérêts cupides des banquiers.
Dans le «Mécanisme européen de stabilité», la France s’engage à injecter, «de manière irrévocable et inconditionnelle», une contribution immédiate de 16,3 milliards d’euros. Le traité dit que la France devra donner jusqu’à 142,7 milliards d’euros en cas de besoin. Une telle somme représenterait près de la moitié du budget de l’Etat. Cette hypothèse n’a rien de théorique : il suffirait que le «Mécanisme» ait à secourir l’Espagne et l’Italie pour que ses capacités maximales de prêts soient atteintes.
Le mécanisme d’assistance consiste à imposer aux Etats en difficultés «une stricte conditionnalité […] sous la forme notamment de programmes d’ajustement macroéconomiques». Ces termes, déjà employés pour saigner la Grèce, indiquent que toute aide financière sera assortie de plans de rigueur impératifs.
Je conjure ceux qui envisagent de voter pour l’application de tels plans de bien examiner leur résultat en Grèce depuis deux ans et demi. Après huit plans d’austérité successifs imposés en vertu de la méthode qu’il est proposé de généraliser, la dette grecque a grimpé de 25%. L’activité s’est violemment contractée et le chômage a doublé pour atteindre plus de 20% des actifs. La démonstration concrète est donc faite que l’austérité, en comprimant la demande, fait reculer l’activité. Cela réduit les rentrées fiscales et creuse plus vite encore les déficits. Pourquoi vouloir étendre à d’autres Etats ce qui a si lamentablement échoué en Grèce ?
Les Etats concernés seront placés sous la tutelle de la cruelle troïka, Commission européenne, Banque centrale européenne (BCE), Fonds monétaire international (FMI). Oui, le FMI basé a Washington ! Il trône dorénavant en «coopération très étroite» à toutes les étapes du «Mécanisme». On lui demande une «participation active», aussi bien pour évaluer l’attribution des aides que pour infliger des plans de rigueur et contrôler leur application. Les procédures prévues pour l’intervention de cette odieuse troïka sont aussi opaques qu’autoritaires.
De plus, en contradiction avec toutes les règles de fonctionnement de l’Union européenne, le traité donne à deux Etats seulement, l’Allemagne et la France, un droit de veto pour l’octroi des aides. Ce traité entérine donc un directoire autoritaire de la zone euro. Il impose aussi le secret sur les mécanismes de décision et le fonctionnement du «Mécanisme». La France s’expose donc financièrement jusqu’à 142,7 milliards d’euros dans un fonds auquel aucun compte ne pourra être demandé par son gouvernement ou son Parlement. Quel parlementaire est prêt à ce renoncement ?
Le cocktail «austéritaire» de ce «Mécanisme» est enfin renforcé par une clause qui lie étroitement son application au second traité européen en cours d’adoption : l’imprononçable «Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire». C’est dans ce second traité que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel prévoient d’imposer la «règle d’or» de l’interdiction des déficits et des sanctions automatiques contre les Etats contrevenants.
C’est ce second traité que François Hollande dit vouloir renégocier. Mais il se trompe lourdement quand il indique que «les deux textes sont déconnectés l’un de l’autre». Ils sont au contraire étroitement liés. Le traité sur le «Mécanisme européen de stabilité» indique qu’«il est convenu que l’octroi d’une assistance financière dans le cadre des nouveaux programmes en vertu du Mécanisme européen de stabilité sera conditionné […] par la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance».
Ceux qui voteront pour le «Mécanisme européen de stabilité» enchaîneront notre pays au traité suivant. Dès lors, qui prétend vouloir renégocier demain ce second traité, doit commencer par s’y opposer aujourd’hui et donc par rejeter son préalable, «le Mécanisme européen de stabilité».
Avec le Front de gauche, je lance un appel solennel à tous les parlementaires : n’acceptez pas ce coup de force contre notre démocratie ! A gauche surtout ! Car aucune politique de gauche n’est possible dans le cadre de ces traités. Les parlementaires socialistes, écologistes, radicaux et chevènementistes doivent donc voter avec ceux du Front de gauche contre ces textes.
Puisque la France est engagée par la signature du président sortant, alors une voix plus forte et sans appel doit s’exprimer sur le sujet. Celle du peuple ! Il nous faut un référendum sur les nouveaux traités.
Allez, monsieur Sarkozy, voilà un référendum qui ne vous déshonorerait pas comme le feraient ceux que vous proposez contre les chômeurs et les immigrés !
Source:Libération: JL Melenchon
dimanche 29 janvier 2012
Tenez-vous bien : alors que
Kim Jong-eun
Nicolas Sarkozy s’apprête à annoncer devant neuf chaînes de télé une hausse de la TVA de 19,6% à 21,1%, « De source gouvernementale, on rappelle que « l’objectif est de baisser le coût du travail tout en préservant le pouvoir d’achat », répercute L’Express. Préserver le pouvoir d’achat en augmentant la TVA ? De qui se moque-t-on ? Mais vous n’avez encore rien lu : « le gouvernement fait le pari qu’il n’y aura pas de hausse des prix et peut-être même des baisses pour les produits fabriqués en France ». Les gentils commerçants vont donc rogner sur leurs marges pour ne pas augmenter les prix… Ah l’on peut dire que jamais encore la droite sarkozyste n’avait autant pris les Français pour des abrutis ! Qui peut croire pareille baliverne, véritable insulte à notre intelligence ? Même devant trois journalistes sur quatre estampillés de droite, on a du mal à imaginer comment il fera passer ça !
Kim Jong-eun
Nicolas Sarkozy s’apprête à annoncer devant neuf chaînes de télé une hausse de la TVA de 19,6% à 21,1%, « De source gouvernementale, on rappelle que « l’objectif est de baisser le coût du travail tout en préservant le pouvoir d’achat », répercute L’Express. Préserver le pouvoir d’achat en augmentant la TVA ? De qui se moque-t-on ? Mais vous n’avez encore rien lu : « le gouvernement fait le pari qu’il n’y aura pas de hausse des prix et peut-être même des baisses pour les produits fabriqués en France ». Les gentils commerçants vont donc rogner sur leurs marges pour ne pas augmenter les prix… Ah l’on peut dire que jamais encore la droite sarkozyste n’avait autant pris les Français pour des abrutis ! Qui peut croire pareille baliverne, véritable insulte à notre intelligence ? Même devant trois journalistes sur quatre estampillés de droite, on a du mal à imaginer comment il fera passer ça !
Revenons du reste un instant sur cet incroyable casting, Claire Chazal de TF1, Laurent Delahousse de France 2, Jean-Marc Sylvestre d’I Télé et François Lenglet de BFM TV, avec le confrère Bruno Roger-Petit : « trois d’entre eux, et ils ne s’en cachent pas, sont des personnalités bien connues pour être des tenants du conservatisme politique le plus orthodoxe, et sont des libéraux, voire ultra-libéraux sur le plan économique et social (pour tout vous avouer, j’ai même travaillé avec l’une des personnalités, il y bien des années, et elle m’expliquait sans rire que les congés payés de 36 étaient la cause initiale de tous les déboires économiques français du dernier siècle…). » Titre de l’article : pas un journaliste de gauche pour l’interroger ? Eh bien non, c’est ça, la Sarkozie. Nous nous tâtons actuellement pour savoir si nous regarderons, pour dénoncer les
conneries
bêtises proférées, ou bien si nous nous en abstiendrons, pour marquer symboliquement notre opposition à cette grotesque manipulation, avec la complaisance inouïe à laquelle on peut à coup sûr s’attendre. En attendant, qui dira ce soir à Sarkozy que l’impôt direct est progressif, et par conséquent le mécanisme de redistribution le plus juste, le dispositif le plus équitable pour organiser la contribution de chacun, en fonction de ses moyens, aux dépenses de la collectivité ? Que ce sont les impôts indirects, et d’abord la TVA, frappant bien davantage en proportion de leur budget les pauvres que les riches, qui sont antisociaux ? Et donc qu’utiliser l’oxymore « TVA sociale » tient du foutage de gueule pur et simple ? Tous nos espoirs résident en Laurent Delahousse. Sauvera-t-il l’honneur des journalistes ? En attendant, cette augmentation de la TVA, dans une France aux plus de sept millions de chômeurs – le vrai total qu’on nous cache – et aux 4,5 à 8,2 millions de pauvres, suivant la définition adoptée, constitue un véritable crime social. Comment les gens vont-ils dorénavant pouvoir se chauffer, s’acheter à manger ? Vite, la révolution citoyenne, et qu’on mette dehors ces ennemis du peuple !
Illustration ci-dessus signée Tropical boy.
Source: Blog Plume de Presse
vendredi 20 janvier 2012
Les relais médiatiques du système ont fait grand cas d’un communiqué de presse signé par trois personnalités qu’il est convenu de ranger à l’aile gauche du PS et de la réaction du destinataire de ce message public.
En fait, s’il ne s’agissait pas de l’avenir du pays et surtout de l’humaine condition de l’écrasante majorité du peuple, on pourrait parler d’une comédie.
Premier acte. Sur un ton d’apparence rebelle, ces leaders s’inquiétaient des intentions réelles de Hollande s’agissant de l’enseignement. On peut comprendre, tant le flou et les contradictions de leur candidat tiennent lieu de projet.
Deuxième acte. Avec une mâle énergie et des propos qu’on aimerait voir aussi fermes lorsqu’il s’agit du patronat et des banquiers, Hollande a, comme disent les journaux, « recadré » ses rebelles.
Mais là où la comédie devient tragique, c’est lorsqu’on prend connaissance des étranges propos d’un de ces prétendus gauchistes.
En effet, Benoit Hamon, vient de se confier à un journal. Mais pas n’importe lequel : l’organe de la droite et du patronat, Le Figaro. Le journal de Dassault, un des piliers du sarkozysme. Et pour avouer quoi ? Parlant de Hollande, il a déclaré : «On lui assure un flanc gauche qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon» (publié ce 20 janvier sur Figaro.fr).
Alors que cette campagne électorale offre l’occasion d’un débat fondamental sur les orientations futures de la société française, la mission première de ceux qui se présentent comme les plus à gauche au PS, ce n’est pas de faire valoir des projets de gauche, c’est de contenir Mélenchon.
Dans cet étrange partage des rôles au sein du PS, pour ces gens qui se disent de gauche, l’adversaire ce n’est pas le FN, ce n’est pas l’UMP, ce n’est pas Bayrou, c’est celui qui porte haut les fondamentaux de la gauche : 1789, 1871, Jaurès, le Front populaire, le programme du CNR, les acquis de 1981.
Ainsi donc, il ne s’agit que de cela ! Il ne s’agit pas de défendre un projet politique, des principes, des valeurs. Il ne s’agit que de tactique. Il ne s’agit que d’une basse manœuvre politicienne et électoraliste. Toute cette gesticulation, où on fait semblant de s’opposer, ne sert qu’à tromper. Tromper non pas les plus puissants, les plus riches, mais tromper les plus fragiles, les plus précaires. Dans tous les cas, tromper l’électeur.
Mais qui donc est encore dupe de cette mauvaise comédie ?
Raoul Marc Jennar
En fait, s’il ne s’agissait pas de l’avenir du pays et surtout de l’humaine condition de l’écrasante majorité du peuple, on pourrait parler d’une comédie.
Premier acte. Sur un ton d’apparence rebelle, ces leaders s’inquiétaient des intentions réelles de Hollande s’agissant de l’enseignement. On peut comprendre, tant le flou et les contradictions de leur candidat tiennent lieu de projet.
Deuxième acte. Avec une mâle énergie et des propos qu’on aimerait voir aussi fermes lorsqu’il s’agit du patronat et des banquiers, Hollande a, comme disent les journaux, « recadré » ses rebelles.
Mais là où la comédie devient tragique, c’est lorsqu’on prend connaissance des étranges propos d’un de ces prétendus gauchistes.
En effet, Benoit Hamon, vient de se confier à un journal. Mais pas n’importe lequel : l’organe de la droite et du patronat, Le Figaro. Le journal de Dassault, un des piliers du sarkozysme. Et pour avouer quoi ? Parlant de Hollande, il a déclaré : «On lui assure un flanc gauche qui évite que certains électeurs se tournent vers Mélenchon» (publié ce 20 janvier sur Figaro.fr).
Alors que cette campagne électorale offre l’occasion d’un débat fondamental sur les orientations futures de la société française, la mission première de ceux qui se présentent comme les plus à gauche au PS, ce n’est pas de faire valoir des projets de gauche, c’est de contenir Mélenchon.
Dans cet étrange partage des rôles au sein du PS, pour ces gens qui se disent de gauche, l’adversaire ce n’est pas le FN, ce n’est pas l’UMP, ce n’est pas Bayrou, c’est celui qui porte haut les fondamentaux de la gauche : 1789, 1871, Jaurès, le Front populaire, le programme du CNR, les acquis de 1981.
Ainsi donc, il ne s’agit que de cela ! Il ne s’agit pas de défendre un projet politique, des principes, des valeurs. Il ne s’agit que de tactique. Il ne s’agit que d’une basse manœuvre politicienne et électoraliste. Toute cette gesticulation, où on fait semblant de s’opposer, ne sert qu’à tromper. Tromper non pas les plus puissants, les plus riches, mais tromper les plus fragiles, les plus précaires. Dans tous les cas, tromper l’électeur.
Mais qui donc est encore dupe de cette mauvaise comédie ?
Raoul Marc Jennar
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