[Pour les curieux, c’est une photo d’Eva Joly en 1962, l’année où elle fut 3ème à Miss Norvège !]
Oh, nous n’en sommes pas encore au stade où j’envisagerais de voter pour elle, mais je dois dire que sa sortie pour le moins décalée sur le défilé du 14 juillet m’a rempli d’aise.
“Le jour du Quatorze Juillet
Je reste dans mon lit douillet.
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas.
Je ne fais pourtant de tort à personne
En n’écoutant pas le clairon qui sonne.
Mais les brav’s gens n’aiment pas que
L’on suive une autre route qu’eux,
Tout le monde me montre au doigt
Sauf les manchots, ça va de soi. ”
Non pas forcément pour le sujet lui-même, qui est purement anecdotique, et dont pour tout dire on se fout complètement. Je n’aime pas la guerre, je n’aime pas ceux qui la font, je n’aime pas ceux qui la glorifient, je déteste ce genre de cérémonie ridicule, mélange malsain entre kermesse folklorique, foire aux marchands de canons et démonstration de force à la nord-coréenne.
Dans mon esprit, ceux qui goûtent à cette coûteuse gaudriole se recrutent avant tout dans les maisons de retraite, les sacristies (le goupillon n’est jamais loin du sabre) ou les meetings électoraux du FHaine et de l’UMP : de vieux barbons qui n’ont pas su passer le tournant du siècle dernier, sinon du Moyen-Âge.
Cette France-là me fait gerber, me donne envie de partir loin…
Non, ce qui est le plus drôle, c’est la réaction quasi-unanimement outrée des politicards en place. Venant de Le Pen, Luca ou même Fillon (mélange poussiéreux de bénitier et de voitures de courses, c’est dire sa vision de l’avenir…), rien que de très normal, ils ne font que défendre le cœur de leur cible marketing électorat. Leurs propos, qui fleurent bon les bords de l’Allier en 1940, nous donnent une idée de la hauteur de la campagne électorale qui s’ouvre.
Mais que des “socialistes” se mêlent à la curée, c’est assez croquignol et surtout très révélateur. Aubry (qui juge que cette proposition n’est “pas acceptable”) et Valls (“c’est à côté de la plaque”) n’avaient pas besoin d’en rajouter, on a depuis longtemps compris à qui l’on a affaire. Et Jean-Marie Bockel ! Pauvre Eva Joly, se faire donner des leçons par Jean-Marie Bockel, quelle ignominie !
Même si ce soir François Hollande ou Harlem Désir ont un peu relevé le niveau, non pas en soutenant Eva Joly (faut pas exagérer, tout de même), mais en s’en prenant aux propos hallucinants de ce pauvre Fillon, tout ça pue la gerbe. On défend les Guérini ou les DSK, mais on enfonce Joly.
En se défoulant ainsi de manière aussi abjecte, en dénonçant l’étrangère qui vient manger le bulletin de vote des français, en prenant le parti des braves gens qui n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux®, ils piétinent aussi une adversaire à la présidentielle, qui fera sûrement le même score qu’un Hulot (Les écolos ont préféré perdre l’élection que perdre leur âme, c’est un bon point !), mais c’est toujours bon à prendre.
Ca me la rend sympathique, Eva Joly. Cela prouve qu’elle ne parle pas (pas encore) sous la dictée d’un ramassis de marchands de lessives suffisants et fortunés, reconvertis dans le politicard en réclame, et qu’elle n’est pas formatée comme ce ramassis de cumulards professionnels, incapables et prétentieux, qui n’ont pas eu le commencement d’une idée nouvelle depuis 1000 ans, qui regardent le monde s’écrouler en faisant mine d’être en mesure d’en infléchir la direction, alors qu’au fond d’eux-mêmes ils sont totalement occupés à la préparation des prochaines sénatoriales et/ou municipales.
Je ne cesse de le marteler ici depuis plus de quatre ans (et ailleurs depuis bien plus longtemps encore…), le monde va de plus en plus mal, nous sommes désormais certains d’assister à un écroulement massif du niveau de vie à l’horizon d’une génération, voire à l’extinction de l’espèce d’ici quelques siècles, et ces gens continuent à touiller leur sempiternelle petite soupe électorale et à bramer “la croissance, la croissance, la croissance”, leur seul credo.
Pour avoir une chance de se sortir de ce merdier, il nous faudra justement suivre une autre route qu’eux. Avoir des idées qu’aucune des punaises de mandats sus-évoquées ne peut imaginer. Une tournure d’esprit originale, qui saura s’affranchir de tous les préjugés. Je ne prétends pas qu’Eva Joly soit la femme de la situation, même si, ayant traqué la corruption pendant toute sa carrière, elle ne pourra pas non plus être suspectée de ce travers si répandu chez nos défenseurs du 14 juillet.
Il apparaît désormais inévitable que la présidentielle se joue entre Sarkozy et un “socialiste” (il me semble que les sondeurs ont finalement choisi Aubry qui bénéficiera par ailleurs du gros de l’appareil). L’un comme l’autre n’auront de cesse, une fois élus, de complaire aux banksters et à leurs porte-flingues d’agences de notation, ce qui se traduira par un mandat d‘“austérité”, de reculs sociaux, de privatisations où les questions environnementales ne seront une fois encore pas prioritaires.
Alors que le gouffre approche.
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